Afrique du Sud-Lesotho 1ère partie : De Johannesburg à Kosi Bay en passant par le nord du Kruger NP

Afrique du Sud-Lesotho 1ère partie : De Johannesburg à Kosi Bay en passant par le nord du Kruger NP

Afrique du Sud-Lesotho 1ère partie : De Johannesburg à Kosi Bay en passant par le nord du Kruger NP

Du 29 avril au 5 mai 2013

Johannesburg -> Pays Venda -> Nord Kruger NP -> Nelspruit -> Blyde River Canyon -> Barberton -> Swaziland -> Ndumo reserve -> Kosi Bay  

Album photos Afrique du Sud-Lesotho 1ère partie : De Johannesburg à Kosi Bay en passant par le nord du Kruger NP

Album photos Afrique du Sud-Lesotho 1ère partie :
De Johannesburg à Kosi Bay en passant par le nord du Kruger NP
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Dimanche 28 Avril 

Après une nuit passée dans l'avion, on arrive enfin à l'aéroport de Johannesburg de bon matin. Les formalités sont rapidement effectuées et en plus on a notre comité d'accueil qui nous attend. Serge et Jacline sont arrivés quelques jours avant nous et se sont même occupés de récupérer les voitures et d'y faire faire un peu d'entretien. On passe à la guest-house où ils se sont posés et on retrouve notre cher Totoy, prêt à partir pour de nouvelles aventures. Ca tombe bien, il y a un centre commercial pas très loin. On y fait halte pour y manger et faire le ravitaillement nécessaire au niveau des courses et de l'argent.

Du coup, l'après-midi est déjà bien entamée quand on prend la route pour quitter la capitale économique de l'Afrique du Sud. On part tout au nord, direction la réserve de Waterberg. Mais rouler est difficile car il fait chaud et surtout, la fatigue du voyage se fait grandement ressentir. On fait une pause à Bele-Bela et on essaye de chercher une adresse pour camper à la réserve de Waterberg mais on ne trouve rien. Par contre, Serge et Jacline qui sont déjà passés dans les environs il y a quelques jours se sont arrêtés dans un camping pas très loin et ils ont beaucoup aimé. Nous voilà donc partis à cette nouvelle adresse. Mais arrivés sur place, la réception est fermée : c'est dimance. Aucun des numéros de téléphone fournis comme contact en cas d'absence, ne répond: il faut se résoudre à trouver un autre plan, dommage. Heureusement notre GPS, équipé des précieuses cartes et infos de T4A nous indique une autre possibilité dans la réserve de Mbizi. On se laisse guider sur les pistes et on découvre une réserve dans laquelle il y a apparemment un camping. On explique notre cas et on nous laisse entrer sans problème. Tant mieux, on n'a pas envie de batailler ce soir. Avant de parvenir au camping, il faut parcourir plusieurs kilomètres dans la brousse ce qui n'est pas pour nous déplaire, surtout quand on aperçoit quelques koudous et girafes. On est de suite dans le bain. On débouche ensuite sur un très grand camping avec plein de monde. Visiblement l'adresse est connue et appréciée ! Finalement, c'est peu avant la nuit qu'on finit de s'installer et prendre nos marques pour les soirées bivouacs. Serge et Jacline, sont quant à eux bien rodés à l'exercice et c'est morts de fatigue mais heureux qu'on retrouve le mode de vie sud-africain.

 

Lundi 29 Avril 

Une bonne et grosse nuit de sommeil n'est pas de trop pour récupérer de la nuit passée la veille dans l'avion sans trop fermer l'oeil. Donc lever tranquille à un rythme encore de vacances. On part ensuite à Bela Bela pour faire quelques courses et surtout pour chercher une batterie car la batterie secondaire de notre Totoy, celle qu'on utilise pour le frigo et les lumières le soir donne des signes de fatigue. Mais, comme souvent, ce n'est pas une mince affaire de trouver le modèle qu'il nous faut. Et nous voilà partis pour explorer de long en large les différents magasins où on peut trouver notre bonheur. Au bout de notre quatrième tentative, on finit par trouver la batterie qui nous convient dans un magasin de fourniture agricole. Malheureusemnt, la batterie est plus haute que l'ancienne et les fixations pas assez longues. Donc David doit tout démonter et heureusement le magasin a un petit atelier où ils parviennent à ajuster les fixations. Bref, après une longue bataille, tout est en place mais il est déjà midi passé. Vu l'heure qui l'est, on doit renoncer au programme prévu. On déjeune donc au Nando du coin et on prend direct la Nationale 1 qui s'avère des plus monotones avec tous ces élevages de bœufs : on comprend mieux pourquoi les Sud Africains sont aussi carnivores !

On quitte la nationale à la petite ville de Louis Trichardt. Les montagnes ont fait leur apparition et c'est vers elles que la petite route que nous empruntons nous envoie. Et c'est tant mieux car c'est un véritable décor de carte postale. C'est donc avec plaisir qu'on quitte le goudron pour la piste qui s'enfonce encore plus au cœur de ces montagnes pour nous mener dans un lodge équitable qui fait également camping. Le coin est très beau mais on ne peut pas en profiter vraiment car la nuit tombe déjà et la fraicheur avec. C'est le moment idéal pour tester la dernière acquisition de Serge à Bela-Bela : une sorte de brasero portable et démontable qui fait aussi BBQ. Il s'avère très pratique et on est très content de passer la soirée autour d'un bon feu.

On retrouve très vite nos habitudes pour avoir un bon bivouac

On retrouve très vite nos habitudes pour avoir un bon bivouac

 

Mardi 30 Avril 

On est encerclé par les montagnes et surtout pour l'instant par les nuages. C'est bien dommage car le coin a l'air vraiment très beau. La ferme-lodge vaut le détour bien sûr pour son emplacement mais aussi pour lui même. En effet, son principal objectif est de promouvoir les riches cultures locales, celles des peuples Venda, Tsonga pour les plus connus d'entre eux. A ce titre, le lodge possède une boutique qui rassemble le fruit du travail artisanal des villageois des environs mais aussi une galerie où sont exposés des objets culturels traditionnels mais aussi plus contemporains. Comme souvent on est impressionné par la créativité et l'inventivité dont les artistes font preuve en particulier avec des objets anodins tels que des épingles à nourrice. C'est bluffant. Le plus impressionnant cependant restera pour moi le travail effectué avec les perles. Pour nous, ce sont juste des œuvres magnifiques mais pour eux, elles recèlent en plus des messages précis en fonction des motifs et des couleurs utilisées. C'est toujours un plaisir de visiter un lieu aussi beau qu'intéressant avec en plus le soucis constant d'un tourisme à vocation durable. 

La région Nord Limpopo est réputée pour l'artisanat et l'art des nombreuses ethnies présentes comme les Venda et les Tsonga Notre camping est superbe avec une magnifique vue sur les montagnes environnantes
La région Nord Limpopo est réputée pour l'artisanat et l'art des nombreuses ethnies présentes comme les Venda et les Tsonga Notre camping est superbe avec une magnifique vue sur les montagnes environnantes

La propriétaire connait bien la région donc et elle nous indique un circuit à emprunter pour découvrir le pays Venda en nous rendant au parc Kruger. Le ciel est toujours maussade mais il se maintient. On repasse par la petite ville de Louis Trichart avant de prendre la route pour Thohoyandu. On traverse une région rurale mais moderne comme en témoignent les habitations. On passe de très belles plantations de thé et aussi une forêt sacrée dans laquelle on ne peut se rendre qu'après autorisation et accompagné par des guides. 

Les plantations de thé sont toujours un chef d'oeuvre d'art graphique Tout le monde est à pied d'oeuvre pour récolter les précieuses feuilles de thé
Les plantations de thé sont toujours un chef d'oeuvre d'art graphique Tout le monde est à pied d'oeuvre pour récolter les précieuses feuilles de thé

A Thohoyandu, on fait une halte au centre artisanal. Mais après la galerie de la la ferme de ce matin et la qualité et la richesse des œuvres exposées on est franchement déçus. On se dit que ce n'est peut-être pas la haute saison touristique et donc il y a peu d'artisanat présenté. 

On profite d'être en ville pour se faire un déjeuner express et on enchaine ensuite avec la visite des chutes d'eau de Phiphidi. Ici encore, c'est un lieu sacré et heureusement protégé par un petit parc. La ballade est sympa et agréable, ça fait du bien de s'oxygéner.

Les chutes d'eau de Phipidi sont une halte sympa sur la route du pays Venda Le spectacle offert par les plantations de thé est magnifique malgré l'absence du soleil
Les chutes d'eau de Phipidi sont une halte sympa sur la route du pays Venda Le spectacle offert par les plantations de thé est magnifique malgré l'absence du soleil

La route continue, elle est très fréquentée et très habitée. On prend ensuite une petite route pour Mutale et son centre artisanal, juste avant celui de Tsandala. Mais celui-ci est fermé, et depuis un bon moment apparemment. Quand on demande aux gens si celui de Mutale est ouvert, ça ne leur dit rien du tout : ça n'augure rien de bon. On es plutôt déçus. Par contre, partout où on passe, les gens nous disent bonjour et surtout les gamins semblent très heureux de nous voir, rien que pour ça, ça vaut le coup de passer par ici. On se passera donc du chapitre culturel. La route s'enfonce ensuite dans des montagnes plus sauvages et moins peuplées. Le climat a changé et les paysages aussi. On visite ensuite le monument du coin : c'est Big Tree, le plus grand baobab du pays, vénéré comme l'arbre sacré qu'il est. La visite est guidée et le guide y met un enthousiasme très communicatif. 

Big Tree, le plus grand baobab du pays mérite la visite guidée pour comprendre l'importance qu'il revêt pour les habitants Enfin, nous retrouvons les pistes d'Afrique australe
Big Tree, le plus grand baobab du pays mérite
la visite guidée pour comprendre l'importance
qu'il revêt pour les habitants
Enfin, nous retrouvons les pistes d'Afrique australe

Pour rejoindre la grande route, on prend l'option raccourcis par les pistes. Cela nous fait pas gagner vraiment du temps mais cela a l'avantage de nous permettre de découvrir la région et ses villages de campagne africaine ou plutôt de brousse africaine. On finit par rejoindre la route pour Pafuri et vu l'heure tardive on ne pourra pas rentrer dans le parc Kruger. Heureusement, il y a un camp juste à la lisière du parc après quelques kilomètres de pistes. L'endroit est sympa et en plus, on peut choisir un emplacement complètement enfoui dans le bush. Le chien du propriétaire, un jack russel très enjoué, a décrété de passer la soirée avec nous et en plus il se charge de l'animation. Bien sûr le poulet et les épis de maïs qui grillent sur le  barbecue ne sont pas pour rien dans son attachement soudain mais tout le monde y trouve son compte et on passe une belle soirée dans la nature.

 

Mercredi 1er Mai

Nous arrivons à l'entrée du Kruger assez tôt. On prend alors le temps de faire les formalités nécessaires pour prendre la Wildcard, qui est un pass, valable dans tous les parcs nationaux d'Afrique du Sud ainsi que dans de nombreuses réserves régionales, et qu'on devrait rapidement amortir. La mauvaise nouvelle c'est que les récentes pluies torrentielles et inondations ont mis à mal le réseau des routes et pistes du parc. On ne pourra pas longer le Limpopo. Damned ! moi qui avait fait cet itinéraire exprès pour longer ce fleuve au nom si exotique. Bon ben, ce cera encore pour une autre fois  ! Notre exploration de la partie Nord du Kruger, où on n'a jamais mis les pieds, s'en trouve forcément perturbée. Tant pis, on ne peut rien contre les forces de la nature. Le Nord du Kruger que j'imaginais sec, aride et couverts de baobabs se révèle extrémement vert et couvert de végétation. Difficile dans ce cas de voir des animaux mais quelques uns se laissent quand même découvrir. En particulier près de la rivière où on peut observer les stigmates des dernières crues. On poursuit plus au sud, sur l'unique route que l'on peut emprunter. Les plaines couvertes de mopane sont les principaux panoramas que l'on peut voir et ils s'avèrent assez monotones. A midi, on fait une halte au camp de Shingwezi où on s'offre un déjeuner au restaurant  : c'est l'avantage de voyager dans le Kruger. Par contre on apprend que ce camp où on voulait camper est fermé à cause des inondations, ce qui nous oblige à descendre très bas, jusqu'à Letaba si on veut camper. Ca va être difficile au vu des distances qu'il nous reste à parcourir à une vitesse maxi de 40 km / heure. Seule solution, pousser jusqu'à Mopani et espérer qu'il y aura des chambres de libres. Il est temps de repartir alors. 

Chaque baobab est un spectacle à lui tout seul, celui-ci en particulier Un joli mâle nyala, première rencontre dans le parc Kruger
Chaque baobab est un spectacle à lui tout seul, celui-ci en particulier Un joli mâle nyala, première rencontre dans le parc Kruger
Une belle rivière bordée par de grands arbres La saison des pluies a donné lieu récemment à de violentes crues
Une belle rivière bordée par de grands arbres La saison des pluies a donné lieu récemment à de violentes crues
Paysages du nord du Kruger On rencontre souvent ces petites antilopes perchées sur leur rocher
Paysages du nord du Kruger On rencontre souvent ces petites antilopes perchées sur leur rocher

La partie Nord du parc est réputée pour abriter les plus imposants éléphants du parc, de grands mâles solitaires aux défenses imposantes. On est donc tout heureux de croiser deux de ces mastodontes sur notre route. Ils sont étonnamment placides avec la trompe nonchalamment posée sur une défense. C'est un spectacle à la fois majestueux et attachant. On reste un petit moment à savourer cet instant, car nos mastodontes sont très tranquilles et on aurait même l'impression qu'ils apprécient d'être admirés de la sorte. C'est tant mieux car je n'aimerais pas avoir à faire à ces montagnes de muscles avec des défenses aussi énormes. Petit à petit, on se rapproche du centre du parc Kruger, les paysages sont différents, plus variés et la faune aussi. On a de plus en plus des espaces de savane herbeuse et donc le lot d'herbivores habituels qui va avec et surement bien planqués quelque part, les prédateurs qui se nourrissent de ces mangeurs d'herbe. Il y a aussi plus de pistes et de routes pour explorer les environs.

 coin n'est pas trés fréquenté par les animaux mais il y a quelques éléphants, ça et là  Deux superbes mastodontes se dirigent droit sur nous, paisiblement

Le coin n'est pas trés fréquenté par les animaux mais il y a quelques éléphants, ça et là

Deux superbes mastodontes se dirigent droit sur nous, paisiblement

On longe une rivière et en cette fin de journée, c'est un appel permanent à la faune alentours. Maintenant ce ne sont plus quelques éléphants épars que nous voyons mais des troupeaux entiers avec pleins de petits qui viennent s'abreuver. Peu après, à quelques mètres à peine de la route, on découvre la tanière d'une famille de hyènes. Il y a deux petits qui vadrouillent et ne semblent pas avoir peur de notre présence. Au contraire, ils semblent curieux et intrigués. Au bout d'un petit moment, c'est toute la portée qui est dehors sous la surveillance de 2 adultes que nous avons décrétés être leurs parents. Les petits gagnent très vite en assurance et deviennent rapidement très turbulents, un peu trop au goût de leurs gardiens ! C'est un spectacle amusant mais surtout surprenant quand on voit toute la tendresse dont les adultes font preuve envers leur progéniture. Les hyènes sont des animaux à très mauvaises réputation car méconnus. Il est vrai que leur physique n'est pas des plus avantageux mais quand ils sont petits, ces boules de poil sont irrésistibles. Ce sont en tous cas des animaux étonnants et des prédateurs hors-norme qui méritent le respect. Finalement on n'en voit pas si souvent que ça et on est très heureux d'assister à cette scène privilégiée de vie familiale. On laisse nos petites hyènes à leurs jeux pour continuer notre route qui nous mène au final au camp de Mopani. Heureusement pour nous, il reste des bungallows. C'est pas ce qu'on avait prévu mais par la force des choses, ce soir on a droit à la version luxe, il y a pire comme punition ! On est très bien lotis, on va faire nos courses au magasin pour s'offrir un super braai digne de ce nom.

Les buffles sont des animaux dangereux surtout quand il y a des petits à défendre La rivière est presque à sec et on n'est qu'au début de la saison sèche

Les buffles sont des animaux dangereux surtout quand il y a des petits à défendre

La rivière est presque à sec et on n'est qu'au début de la saison sèche
A quelques mètres de la route, un terrier d'une famille de hyènes Certains bébé hyènes sont particulièrement curieux
A quelques mètres de la route, un terrier d'une famille de hyènes Certains bébé hyènes sont particulièrement curieux 
Il faut bien plusieurs adultes pour surveiller ces petits garnements La mère ou la nounou, fait preuve d'une patience à toute épreuve
Il faut bien plusieurs adultes pour surveiller ces petits garnements La mère ou la nounou, fait preuve d'une patience à toute épreuve

jeudi 2 Mai 

Ce matin, comme on n'a pas de campement à plier, forcément on est prêt beaucoup plus vite. On va faire un petit tour au resto pour le point de vue sur l'espèce de lac mais il n'y a personne. Deuxième opération, allez voir le tableau des « sightings ». Sur une carte du parc, les endroits où sont aperçus sur les deux derniers jours, les animaux les plus emblématiques sont repérés par des punaises de couleur. Même si les animaux bougent, on peut espérer les voir au même endroit ou du moins aux environs si c'est leur territoire. Et puis de toute façon, il faut bien décider où aller. En même temps, ça va être assez simple puisqu'on doit sortir du parc aujourd'hui même, au plus tard en début d'après-midi. Mais pour l'instant, on n'en est pas là et on compte bien profiter au maximum du Kruger. Plus on descend vers le sud, c'est à dire le cœur même du parc, plus les paysages prennent de la majesté avec en plus une faune plus abondante. C'est magnifique, on comprend sans problème le succès et l'engouement dont le parc Kruger fait preuve depuis des années.

L'écosystème dans cette partie du Kruger est radicalement différent, très propice aux herbivores comme les gnous Dans ces paysages de savane herbeuse, on retrouve avec plaisir nos amis les zèbres

L'écosystème dans cette partie du Kruger est radicalement différent, très propice aux herbivores comme les gnous

Dans ces paysages de savane herbeuse, on retrouve avec plaisir nos amis les zèbres
La majestueuse rivière Letaba traverse le Kruger Un clan d'hippopotames dans leur élément préféré
La majestueuse rivière Letaba traverse le Kruger Un clan d'hippopotames dans leur élément préféré 
Un impressionnant crocodile surpris pendant son bain de soleil Un hippopotame nous fait la surprise de partir en expédition
Un impressionnant crocodile surpris pendant son bain de soleil Un hippopotame nous fait la surprise de partir en expédition

On prend de temps en temps des chemins ou plutôt des pistes de traverse avec plus ou moins de succès. Parfois la faune se densifie, parfois c'est l'inverse, on ne croise quasiment personne c'est vraiment très aléatoire, du moins pour nous qui ne sommes pas des biologistes. Même les endroits avec peu d'animaux peuvent réserver leur lot de surprises comme ce groupe de gros oiseaux noirs au bec rouge qui sont rares et dont il faut signaler chaque observation. Bien sûr, on ne peut s'empêcher d'aller faire un tour à Letaba, où on avait campés lors de notre dernier passage l'an dernier. On en profite au passage pour s'offrir un bon breakfast, tradition sud-africaine qu'on apprécie particulièrement, même s'il ne faut pas en abuser si on veut garder un foie en bon état. Letaba est réputée pour la richesse de sa faune et pour la présence de prédateurs. Mais cette fois-ci, on n'aura pas cette chance, tant pis. On se console sans problème avec la beauté des paysages traversés. Peu à peu on se dirige vers la sortie, la gate de Phalaborwa tout à l'ouest. De nouveau les paysages se vident de leurs habitants ou en tout cas, on voit moins souvent des animaux. 

Un couple de cigogne qui a apparemment fort à faire pour nourrir son petit On a bien de la chance de tomber sur ses oiseaux plutôt rares

Un couple de cigogne qui a apparemment fort à faire pour nourrir son petit

On a bien de la chance de tomber sur ses oiseaux plutôt rares 
On trouve souvent des animaux sur les pistes, ils affectionnent ces espaces dégagés Une petite montagne en point de mire dans cette plate savane
On trouve souvent des animaux sur les pistes, ils affectionnent ces espaces dégagés Une petite montagne en point de mire dans cette plate savane

Après un pique nique express, on fait une dernière tentative dans un « hide ». C'est un affût qui surplombe un petit lac, mis à disposition des visiteurs pour observer sans être vus. Pour les amateurs d'oiseaux, ces endroits sont un véritable paradis et les plus acharnés peuvent sans problème y passer des heures. En plus, tout le long des murs sont exposés des planches où sont peints tous les oiseaux qui peuvent être aperçus et il y en a une quantité impressionnante. Ces planches, ont aussi un autre rôle, elles sont déployées la nuit pour servir de matelas pour les aficionados qui veulent y passer la nuit ! Nous on se contentera de quelques minutes vu que le temps passe et qu'on a encore de la route à faire. On quitte à regret le parc en début d'après-midi. Une fois de plus le Kruger ne nous a pas déçu, même si on n'a pas pu aller exactement où on voulait. Même si ce n'est pas notre parc préféré, on y est quand même très attaché car ce fut notre première expérience de safari. C'est vrai que pour ça, c'est le parc idéal pour une expérience à moindre coût vu qu'on peut y circuler avec une simple voiture de location et que les camps peuvent accueillir tout le monde et pour tous les budgets. Bien sûr, il y aura toujours les dénigreurs de service qui reprocheront son statut de zoo géant et de nature mise en boite (ce qui peut être le sentiment quand on vient ici en période de fortes affluences comme les vacances scolaires). D'abord, tout le monde n'a pas les moyens, ni l'envie de s'offrir des immersions en milieu sauvage comme au Botswana. Et de toute façon, de nos jours n'est-ce pas le sort réservé à la majorité des espaces sauvages ? Ne sont-ils pas tous, à des degrés divers, dépendant d'une gestion humaine. Les grands espaces naturels et plus généralement, la Nature avec un grand N, ont ils encore une place sur cette planète ? Et si oui, pour combien de temps encore, sans intervention de l'homme ? Des questions que je me pose de plus en plus à chacune de nos visites et pour lesquelles je n'ai pas vraiment de réponses, ou tout du moins pas satisfaisantes pour un avenir optimiste. Alors si un espace comme le parc Kruger permet plus d'accessibilité et d'être sensibilisés à l'importance de ce patrimoine alors je suis définitivement pour. 

Toujours est-il que pour l'heure, nous quittons son territoire et comme cette fois-ci on ne sait vraiment pas quand est-ce qu'on y reviendra on a quand même un pincement au cœur au moment de franchir la barrière de sortie.

Phalaborwa est une petite ville située tout à côté de la sortie du parc. Au vu de son emplacement, c'est un peu une plaque tournante touristique et c'est un peu déroutant de se retrouver au milieu de tous ces commerces et activités après notre traversée sauvage. On en profite en tous cas pour faire le plein de carburant quant au change d'argent c'est trop tard vu que les banques sont déjà fermées, ce sera donc pour une autre fois.

On attaque la route pour le canyon de la Blyde River et mine que rien ce n'est pas la porte à côté. En plus, c'est presque l'hiver et les journées sont courtes donc pas le temps de se laisser aller. Très vite, on se retrouve plongés dans des paysages de campagne sans habitations ou presque. On traverse d'immenses plaines légèrement vallonées. Même si la région semble peu peuplée, les routes sont elles très fréquentées par les camions des mines ce qui ne favorise pas la circulation. Puis on attaque la montagne avec des paysages spectaculaires. Le trafic se densifie et en plus il y a toujours autant de camions alors on avance très lentement dans les montagnes.

Une belle chaine de montagnes se profile à l'horizon Le soleil se couche très tôt, mais c'est quand même très beau

Une belle chaine de montagnes se profile à l'horizon

Le soleil se couche très tôt, mais c'est quand même très beau 

On arrive finalement à la nuit tombante à Blyde River et on s'installe au camping d'un complexe touristique qu'on avait déjà testé au tout début de notre virée en Afrique par épisode, entamée en 2010.

Dès que le soleil se couche, la température chute très vite, alors on est très content de pouvoir se faire un bon feu avec notre fameux BBQ portable.

 

Vendredi 3 Mai 

Les singes ont sonné l'heure du réveil aux premiers rayons de soleil. Pendant un bon moment, ça a été un véritable festival de cris et de courses-poursuites dans les arbres alentours. Chacun leur tour, les baboins et les singes vervets, ont déboulé comme des fusées sur les emplacements de campings. C'est un spectacle très amusant pour nous, même s'il faut rester très vigilants car ils ont tôt fait de chaparder quelque chose qui les attire : les joies du camping en Afrique.

Aujourd'hui, c'est la journée excursion touristique ; Nous allons faire découvrir aux parents de David les merveilles naturelles de la route du Grand Panorama. Nous connaissons déjà les lieux mais on ne se fait pas priés pour les visiter de nouveau et pour jouer les guides. 

On démarre par les différents points de vue absolument fabuleux sur le Blyde River Canyon. Les panoramas sont grandioses sous la lumière claire de ce matin ensoleillé avec les restes de brumes nocturnes qui se dissipent peu à peu. On enchaine ensuite avec une petite randonnée dans un parc naturel pour découvrir les Bourke's Potholes, ces drôles de trous creusés par les eaux tourbillonnantes de la rivière Blyde. On peut bien les admirer, en particulier du pont qui enjambe la rivière. La ballade est très agréable et on est nombreux à apprécier ses charmes. Que cela soit des gamins qui courent dans tous les sens ou des personnes plus âgées, tout le monde à l'air de se régaler. Bien sûr à la sortie du parc, comme l'endroit est une des attractions principales du coin, toute l'allée est envahie par les échoppes de souvenirs pour touristes. Des tissus aux sculptures, en passant par les colliers et autres bijoux de toute sorte, difficile de résister à la tentation et les commerçants le savent bien, ils ont l'oeil pour repérer l'étincelle qui transformera le badot en client potentiel. 

On a de la chance, le Blyde river canyon est dégagé Les fameux trous d'eau naturels de Bourke's Luck Potholes

On a de la chance, le Blyde river canyon est dégagé

Les fameux trous d'eau naturels de Bourke's Luck Potholes 

On repart un peu plus loin pour démarrer le circuit des chutes d'eau. On s'enfonce un peu plus dans les montagnes. Elles sont couvertes de plantations de pins et de sapins à perte de vue. Notre première halte nous fait découvrir les imposantes chutes de Berlin Falls, d'une hauteur de plus de 80 mètres. Le débit n'est pas des plus importants mais elles sont quand même impressionnantes. Plus loin, ce sont les chutes de Lisbon Falls, moins hautes mais très jolies également. Après ces détours, la route grimpe en altitude et longe l'escarpement rocheux qui surplombe la plaine de plus de 800 mètres de hauteur. A plusieurs reprises, on s'arrête pour bénéficier des panoramas extraordinaires qu'offrent ces falaises comme celui de God's Window qui porte bien son nom. Mais il n'y a pas que les points de vue à couper le souffle à admirer ici, il y a aussi la végétation luxuriante et surtout très spécifique au micro-climat de la région. On termine la route panoramique par l'incontournable visite du piton rocheux des Pinnacles et des jolies chutes d'eau un peu plus loin, entourées de fougères arborescentes. 

Des paysages inattendus de plantations de sapins Les impressionantes Belin Falss chutent de plus de 80 mètres

Des paysages inattendus de plantations de sapins

Les impressionantes Belin Falss chutent de plus de 80 mètres 
Vue depuis la God's Window sur le spectaculaire escarpement du Drakensberg La végétation luxuriante et spectaculaire est typique de cet environnement particulier qu'est l'escarpement
Vue depuis la God's Window sur le spectaculaire escarpement du Drakensberg La végétation luxuriante et spectaculaire est typique de cet environnement particulier qu'est l'escarpement
Depuis les falaises, vue époustouflantes sur les plaines, 800 mètres plus bas Le piton des Pinnacles
Depuis les falaises, vue époustouflantes sur les plaines, 800 mètres plus bas Le piton des Pinnacles

A Graskop, l'agréable petite ville touristique au bout de cette route, on s'offre une halte très sympathique dans un resto mozambicain, qui en plus d'être très bon, a le mérite de nous rappeler les très bons souvenirs de notre précédent voyage. 

Il y aurait encore beaucoup d'autres endroits à visiter mais on doit quand même continuer à descendre vers le sud. Comme on passe à côté, on s'arrête quand même aux chutes des MacMac Falls, très impressionnantes car situées tout au fond d'une gorge à plus de 70 mètres de haut. Le fait qu'on doive contempler ces chutes depuis une plateforme suspendue au dessus du vide ajoute aussi à l'émotion sucitée par ces MacMac Falls, en tous cas pour moi !

Juste après, ce sont les MacMac Pools qui nous attendent. Ce sont des piscines naturelles aux eaux cristallines qui s'enchainent le long d'une petite rivière qui descend de la montagne. C'est un endroit assez fréquenté car très agréable pour y passer une après-midi en famille ou entre amis après un bon pique-nique. Les plus actifs se baignent tandis que les plus contemplatifs explorent les sentiers aménagés pour admirer la végétation très particulière avec notamment de nombreuses fougères arborescentes. On avait beaucoup aimé les MacMac Pools quand on y était passé en 2010. Mais cette fois-ci, elles nous offrent un visage assez désolé car un incendie a détruit dernièrement une bonne partie de la végétation. C'est bien dommage que cette halte ne soit pas à la hauteur de nos espérances mais le principal c'est que très vite, c'est endroit retrouve son charme habituel.

Les Mac Mac Falls, les dernières chutes d'eau du circuit

Les Mac Mac Falls, les dernières chutes d'eau du circuit

Il est temps de reprendre la route. L'objectif est de se rapprocher au maximum du Swaziland que nous traverserons demain. On met quasiment deux heures à parcourir les 120 kilomètres qui nous séparent de Barberton, ancienne ville minière qui a connu ses heures de gloire dans le passé. On s'arrête dans un camping situé au cœur de la ville et pourtant dans un écrin de nature. On avait déjà testé cette adresse qu'on avait gardé en tête car elle était très agréable. Cette fois-ci, nous sommes quasiment les seuls clients, on a donc l'embarras du choix pour trouver l'emplacement qui nous convient le mieux.

 

Samedi 4 Mai

Forcément, dormir dans un camping situé au cœur de la ville n'est pas sans inconvénient. Même si Barberton est loin d'être la ville la plus agitée d'Afrique du Sud, cela reste une ville et on a eu droit dans la soirée comme au petit matin aux défilés de bruits de toutes sortes mais la palme va sans conteste aux vieilles guimbardes au pot d'échappement quelque peu défectueux ! Même si elle n'a plus ni la frénésie, ni la splendeur des temps anciens où elle fut notamment le théatre d'une ruée vers l'or et même une des premières bourses d'échange du pays, la ville conserve de beaux témoignages de cette époque avec notamment de jolis édifices à l'architecture caractéristique. Pour l'heure ce sont ses banques qui nous intéressent pour faire du change et vu la queue qu'il y a devant les établissements, il va falloir s'armer de patience. Heureusement pour nous, la file pour le change de devises n'est pas la plus demandée et on parvient enfin à changer nos euros. On profite aussi des lieux pour faire le plein de carburant et quelques courses car on va commencer à sortir des sentiers battus. 

L'objectif de la journée, c'est de se rapprocher au maximum de la côte, près de la frontière avec le Mozambique. Mais il n'y a pas de route directe, soit on passe au plus court en traversant le Swaziland, soit on évite le passage de 2 frontières mais on doit contourner cette enclave. On avait déjà testé les routes des environs lors de notre dernier passage en 2010 et il se trouve qu'elles sont très abîmées par le trafic incessant des camions des mines. Résultat, une chaussée souvent déformée pour une circulation à une vitesse moyenne peu élevée. Du coup, on prend l'option traversée du Swaziland, en espérant que les passages de frontières seront assez rapides.

Pour l'instant, la route s'élève dans de superbes montagnes recouvertes de végétation. De temps en temps, des funiculaires avec des puits miniers rappellent le passé très industrieux de cette région depuis convertie en réserve naturelle. On arrive assez rapidement à la frontière sud-africaine. Les formalités sont réalisées très rapidement. L'autre poste frontière montre de suite qu'on vient de quitter un pays développé pour entrer dans un pays bien loin de ces standards même si on n'a connu bien pire. En tout cas, tout le monde est très sympa et les formalités sont expédiées aussi rapidement. Le goudron laisse la place à une piste, assez bonne au départ mais qui se dégrade très rapidement. Très vite aussi on n'est plongé dans des montagnes immenses, recouvertes de plantations de sapin. On roule kilomètres après kilomètres au cœur de plantations qui s'étendent à perte de vue, sans aucune présence humaine mis à part les exploitants forestiers dont on aperçoit de temps en temps les machines incroyables qu'ils utilisent.

Absorbés par ces paysages étonnants, on n'a pas prêtés attention au GPS qui nous a induit en erreur. Eh oui, on a raté un changement de pistes et Virginie, c'est comme ça qu'on a baptisé notre GPS, ne nous a pas dit qu'on s'était trompé. Comme elle est plus intelligente que Jeannette, notre ancien modèle, elle s'est empressée de recalculer l'itinéraire sans rien nous dire et nous a trouvé un autre enchainement de pistes. Mais dans ce genre de contrée, ce détail peut avoir pas mal de répercussions. Le problème c'est qu'on avance très lentement, même pas à 30 kilomètres heures, et que du coup, on va devoir traverser la moitié du pays à ce rythme là. Jeannette, elle, nous aurait dit de faire demi-tour, ce qu'on aurait préféré pour trouver plus rapidement le goudron. Mais là ce n'est même plus la peine, comme quoi, le progrès ce n'est pas toujours mieux. Nous voilà donc embarqués pour un long périple sur les pistes du Swaziland. On a tout notre temps pour admirer les montagnes qui nous entourent, même si la plupart ne sont pas si naturels puisqu'entièrement dédiés aux plantations de sapins. Même si c'est plutôt agréable, ce n'est pas vraiment varié, disons que c'est surtout le côté artificiel de ces forêts qui ressort. La piste a fini par s'améliorer, on sent qu'on se rapproche de la civilisation.

Nous sommes au coeur des montagnes du Swaziland Les montagnes que nous traversons sont entièrement dédiées à la culture intensive du sapin
Nous sommes au coeur des montagnes du Swaziland Les montagnes que nous traversons sont
entièrement dédiées à la culture intensive du sapin

Après tous ces pins à perte de vue, cela fait bizarre de retrouver des zones habitées. Les reliefs se sont assagis, les montagnes sont devenues plus douces et on voit beaucoup d'élevages de bétail maintenant. On retrouve le goudron et forcément pas mal de circulation. On atterrit au cœur d'une vallée, le relief s'aplanit complètement et la région semble plus humide et surtout plus fertile. Du coup, on passe des plantations de pins aux plantations de canne à sucre à perte de vue surtout aux alentours de Big Bend ! Certains champs sont en train d'être récoltés et c'est un ballet de camions chargés de canne qu'on croise régulièrement. Ensuite, en se rapprochant de nouveau de la frontière, on assiste à une alternance de culture de canne et de Game Reserve, réserves privées consacrées à la faune sauvage pour la chasse ou le safari photo. 

Les plaines du Swaziland sont consacrées à la culture intensive de la canne à sucre

Les plaines du Swaziland sont consacrées à la culture intensive de la canne à sucre

On atteint enfin la frontière qui est bien plus moderne que celle de ce matin. On a droit à des formalités express et nous voilà de nouveau en Afrique du Sud ! On n'est pas encore arrivés pour autant, surtout que la route doit contourner un immense lac de barrage. Cela nous laisse tout le temps d'admirer le lac de Pongola et ses sortes de fjords à chaque occasion. Le ciel est bas et gris et pourtant les panoramas sont souvent magnifiques. Encore une fois, on se trouve à court de temps. Notre « raccourci » par les pistes de ce matin nous a retardé et du coup, il sera impossible d'arriver à Kosi bay avant la nuit.

Le très beau lac artificiel de Pongola s'étale à perte de vue On peut passer des vacances au coeur de la nature grâce aux Houseboats du lac
Le très beau lac artificiel de Pongola s'étale à perte de vue On peut passer des vacances au coeur de la nature grâce aux Houseboats du lac 

On doit trouver un autre plan. Les hébergements dans le coin ne courent pas les rues, alors on décide de pousser jusqu'à la réserve de Ndumo où il est possible de camper, en espérant qu'on arrivera avant la fermeture des portes. En plus on doit quitter la route pour prendre une piste heureusement bien roulante. Finalement, on arrive de justesse à la barrière d'entrée que le gardien vient juste de fermer. Très gentiment, il la ré-ouvre pour nous laisser entrer, on règlera tout demain matin au bureau de la réception qui est déjà fermé. Le campement est impeccable et il y a de très sympathiques bungallows mais nous nous contenterons d'u camping. La soirée ventée nous complique un peu la tâche du repas mais au moins il ne pleut pas. En plus, on s'est installé tout près de la forêt et on entend très souvent des petits bruits comme des craquements de branches. C'est l'idéal pour la chasse aux yeux. Avec notre lampe de poche, on scrute l'obscurité pour repérer les yeux des bestioles qui réfléchissent la lumière. On se rend compte qu'on est loin d'être seuls ! Le camp n'étant pas clôturé, on est entourés d'impalas et de nyalas qui broutent tranquillement. On passe ainsi la soirée à faire la chasse aux yeux pour notre plus grand plaisir.

 

Dimanche 5  Mai 

Vu qu'on est dans la réserve de Ndumo, on va en profiter pour la visiter un peu. Après s'être acquittés de nos droits d'entrée et de nuitée, on part sur les pistes. La végétation est très touffue, avec des arbres et des arbustes. On ne voit pas beaucoup d'animaux mais peut-être sont-ils tous simplement bien cachés. A un moment, on tombe sur un cadavre de girafe bien entamé depuis longtemps. On espère voir quelques prédateurs repus alentours mais ce sont surtout de gros vautours qui entourent la pauvre bête. Certains sont des plus imposants et je n'aimerai pas avoir à faire à eux. On fait une halte pour rejoindre un Hide, un affût mis à disposition sur un lac. Seul problème, il faut parcourir plus de 500 mètres à pied, dans cette végétation dense. Bien qu'on suive un sentier, la ballade s'avère assez impressionnante car à tout moment on peut tomber nez à nez avec un rhinocéros noir, un buffle ou un hippopotame, comme l'indique le panneau à l'entrée. Alors on est plutôt soulagés quand on aperçoit enfin notre affût. A l'abri des curieux, on peut observer les nombreux oiseaux qui ont investi les rives du lac, en particulier les gros pélicans de l'autre côté.

On poursuit notre virée sur les pistes avec de jolis point de vue sur la rivière Maputo qui fait office de frontière avec le Mozambique voisin qu'on peut apercevoir également. Malgré nos différentes tentatives, les animaux restent peu visibles mais c'était quand même sympa.

Un imposant vautour attend sagement son tour pour accéder à sa pitance Un petit groupe de girafes dans la lumière du soleil matinal
Un imposant vautour attend sagement son tour pour accéder à sa pitance Un petit groupe de girafes dans la lumière du soleil matinal 
Près de la rivière, la végétation change radicalement avec ces grands arbres aux troncs torturés La rivière Suthu fait office de frontière naturelle avec le Mozambique
Près de la rivière, la végétation change radicalement avec ces grands arbres aux troncs torturés La rivière Suthu fait office de frontière naturelle avec le Mozambique

On quitte la réserve de Ndumo pour reprendre notre route initiale pour ce bout du monde qu'est Kosi Bay. On arrive à bon port en tout début d'après-midi. On pique nique au camping puis on part à pied pour rejoindre la lagune qui a donné son nom aux lieux.

On descend la colline à la végétation luxuriante pour arriver en bas, près d'une immense lagune où d'étranges bouts de bois dépassant des eaux. Il s'agit en fait des pièges à poisson ancestraux utilisés par l'ethnie locale des Tsongas. Ils sont disposés très judicieusement pour que les poissons y entrent sans pouvoir sans échapper. C'est surtout très graphiques et esthétiques et les points de vues sont superbes. Après avoir longé un bon moment cet immense estuaire, on coupe à travers la savane clairsemée de palmiers sur les indications des passants qu'on croise. Puis on débouche sur la baie de Kosi, magnifique avec ses eaux cristallines et préservée grâce à son rattachement au parc d'iSimangaliso Wetland Park inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Toute la baie est entourée de riche mangrove primordiale pour la faune terrestre et marine. Tandis que Serge et Jacline se reposent en admirant la lagune et les pêcheurs qui tentent leur chance, David et moi, suivons la baie pour retrouver l'océan indien. Kosi Bay mérite vraiment la peine qu'on s'est donnée pour la rejoindre. L'idéal aurait été d'y rester plus longtemps pour savourer le temps qui passe mais une fois de plus ce ne sera pas possible. On est déjà très heureux d'avoir pu goûter à ce petit bout de paradis.

L'arrivée sur Kosi Bay nous réserve de fabuleux paysages Kosi Bay c'est un petit coin de paradis tout au bout de l'Afrique du Sud
L'arrivée sur Kosi Bay nous réserve de fabuleux paysages Kosi Bay c'est un petit coin de paradis tout au bout de l'Afrique du Sud 
Les fameux pièges à poissons de Kosi Bay On traverse une forêt luxuriante pour descendre à l'embouchure de l'estuaire
Les fameux pièges à poissons de Kosi Bay On traverse une forêt luxuriante pour descendre à l'embouchure de l'estuaire 
Kosi Bay est incontestablement le paradis des pêcheurs et des amoureux de la nature Les pièges à poisson font partie intégrante de la beauté des paysages
Kosi Bay est incontestablement le paradis des pêcheurs et des amoureux de la nature Les pièges à poisson font partie intégrante de la beauté des paysages

Avant qu'il ne fasse nuit, nous rebroussons chemin et c'est bien fatigués de cette marche dans le sable que nous retrouvons notre camping pour un apéro bien mérité, suivi de notre barbecue rituel. 

Afrique du Sud-Lesotho 1ère partie : De Johannesburg à Kosi Bay en passant par le nord du Kruger NP

Ca peut toujours servir :

  • Visas Afrique du Sud : gratuit, à la frontière.
  • Visas Swaziland : gratuit, à la frontière par contre taxe d'importation du véhicule : 50 rands
  • 1 Euro = 11 ZAR =  11 Rands Sud-africain
  • 10 ZAR (rands) = 0,91 Euro
  • Litre Gas-oil : de 11,99 à 13,31 ZAR
  • Guide utilisé : The Lonely Planet : Excellent guide en langue anglaise, existe aussi en version française. J'ai retaesté pour comparer avec les Bradt qui sont très bons sur toute la partie Afrique Orientale avec en plus un blog pour les infos mises à jour.
  • Cartographie : Tracks for Africa (T4A), un excellent outil recensant points d'intérets, hébergement, commerces, ... en plus des pistes et routes. Mais des erreurs subsistent donc toujours être vigilants et avoir une carte papier aussi !
  • Repas standard pour 2 (1 plat avec avec 1 boisson par personne) = de 200 à 300 ZAR pour établissement style sanck / resto, de 400 à 500 ZAR pour les restos au standing plus élevé ou dans des zones plus touristiques.
  • La carte Pass pour les parcs : Wildcard Couple International = 2330 ZAR, pour droits d'entrée dans tous les parcs nationaux dont le Kruger NP, et beaucoup de réserves régionales, valable un an. 
    Bien sûr, cela ne prend pas en compte l'hébergement camping, bungallow, ...
  • Hébergement : S'il y a un pays où on peut camper dans les meilleures conditions et au meilleur rapport qualité / prix, c'est bien l'Afrique du Sud. Souvent les campings font partie d'un lodge ou d'un complexe plus touristique comprenant chalets à louer, bar, restaurants et activités. Le niveau de service et de confort est souvent supérieur (baignoires, laundry, ...) pour que les vacanciers y passent un maximum de temps. Du coup, ils sont parfois moins intimistes, mais on ne peut pas tout avoir !
    • Mbizi Rest camp - Bela Bela : (1 nuit / 2 personnes + la voiture) = 210 ZAR
      Dans un complexe touristique à l'intérieur d'une réserve avec bar, resto, piscine et activités pour les enfants. Tout y est impeccable, ambiance bonne enfant même avec du monde.
    • Madi a Thava Farm Lodge - Louis Trichardt : (1 nuit / 2 personnes + la voiture) = 180 ZAR
      Dans un lodge qui participe au développement des communautés locales. Excellente adresse, par son cadre, son service et le centre d'artisanat et culturel qui y est rattaché, et sa boutique d'artisanat de qualité : vous l'aurez deviné, une excellente adresse !
    • Pafuri River Camp - Pafuri hors Kruger NP :  (1 nuit / 2 personnes + la voiture) = 200 ZAR
      Plus rustique et sauvage mais très agréable.
    • Bungallow Mopani - Kruger NP : 1590 ZAR pour 1 nuit pour 4 personnes.
      On avait prévu de camper mais camping fermé pour cause d'inondations donc on bungallow obligatoire mais un peu de confort de temps en temps ce n'est pas pour nous déplaire.
    • Forever Blyde River Canyon - Blyde River Canyon : (1 nuit / 2 personnes + la voiture) = 195 ZAR
      Dans un complexe touristique plutôt haut de gamme avec tout ce dont on a besoin. Très bonne adresse qu'on avait déjà testée auparavant et où on a aimé retourner. 
    • Barberton Caravan Park - Barberton : (1 nuit / 2 personnes + la voiture) = 195 ZAR
      Dans un parc au coeur de la ville, simple mais très bien. 
    • Ndumo Game Reserve Restcamp - Ndumo GR : (1 nuit / 2 personnes + la voiture) = 220 ZAR
      Camping de la réserve naturelle de Ndumo, simple mais très bien 
    • Utshwayelo Lodge and Camp - Kosi Bay : (1 nuit / 2 personnes + la voiture) = 270 ZAR
      Plutôt rustique mais très bien avec bar et piscine. Très bien situé pour aller randonner à Kosi Bay mouth
  • un seau d'avocats achetés en bord de route : 10 ZAR
  • 8 pomelos achetés en bord de route : 16 ZAR

 

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