Afrique du Sud-Namibie-Zambie 3ème partie : la Namibie de la côte, de Luderitz à Etosha NP

Afrique du Sud-Namibie-Zambie 3ème partie : la Namibie de la côte, de Luderitz à Etosha NP

Afrique du Sud-Namibie-Zambie 3ème partie : la Namibie de la côte, de Luderitz à Etosha NP

Du 20 au 27 décembre 2014

Luderitz -> Sossusvlei -> Namib Naukluft NP -> Swakopmund -> Messum Crater -> Otjiwarongo -> Etosha NP

Album photos 5ème partie - Namibie : De Khaudum NP à Etosha NP

Album photos 3ème partie - Namibie : de Luderitz à Etosha NP via Messum Crater

 

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Samedi 20 décembre

Luderitz  – Namtib Désert Lodge : 327 km

Le vent qui a bien soufflé cette nuit c’est heureusement calmé au petit matin. Nous pouvons savourer un lever et un petit déjeuner au soleil avec une belle vue sur l’océan. Le bateau « sapin de Noel » est toujours là, on l'imagine entrain d'aspirer le fond de la mer pour trouver les fameux diamants. On est juste à l’heure pour quitter le camp avant les 10 heures exigées. Une otarie montre le bout de son nez pour nous faire ses adieux tandis que des oiseaux de mer plongent comme des fous dans l’eau, tels des torpilles, il doit y avoir un banc de poissons dans les parages.
On part en ville pour acheter le permis pour Kolmanskop l'ancienne ville du boom du diamant. Le vent qui s’est levé depuis ce matin redouble d’intensité et quand on arrive à la ville fantôme, on peut carrément voir le sable filer avec le vent. On est de suite plongé dans la désolation absolue ce qui ajoute encore plus de mystère à l’ambiance qui l’est déjà assez. Kolmanskop est une attraction touristique majeure de Namibie, on se croirait évoluer dans des décors de cinéma. Et pourtant, ce fut une véritable ville qui a été fondée à la fin du 19èmee siècle par des colons allemands. Un jour, quelqu'un découvrit un diamant et ce fut une ruée quasi instantanée. La ville connait alors une prospérité fulgurante grâce à l'exploitation du diamant. Tout se développe à la vitesse grand V et à une échelle démesurée pour assouvir cette activité dans un environnement plus qu'hostile que représente ce désert. Il y a un grand nombre de bâtiments étonnamment imposants. On visite un hall de divertissement comprenant même un bowling. D’autres maisons complètement en ruine et à moitié ensevelies sous le sable se visitent même si à quelques rares exceptions près, elles sont totalement vides. A sa grande époque, Kolmanskop importait l'eau potable depuis Le Cap en Afrique du Sud, distante de plus de 1 000 kilomètres ! Son hôpital fût le premier établissement d'Afrique équipé d'une machine à rayon X au début du 20ème siècle. Cette folie industrieuse ne dure pourtant que quelques dizaines d'années, et Kolmanskop tombe lentement mais inexorablement à l'abandon. Les bâtiments sont peu à peu ensevelis sous le sable. Le vent du désert est devenu infernal soulevant des tonnes de sable qu’on respire, avale et qui nous crépit de la tête au pied malgré toutes nos précautions. On imagine à peine les conditions de vie hors normes que les pionniers ont dû endurer pour assouvir leur soif de richesse. Ayant visité auparavant Kimberley en Afrique du Sud, c'est assez marrant de retrouver des points communs dans les destinées de ces 2 villes et comment leurs histoires se font écho.

On revient ensuite sur Luderitz pour visiter sa péninsule. Mais comme on est revenu en ville on en profite pour s’offrir un repas léger dans un bar à huitres. Ce sera huitres sous toutes les coutures : fraiches, grillées et en burger ! Le vent est tellement fort qu’il fait tanguer la voiture sur la route et avec tout le sable qu’il soulève la visibilité est assez compromise. On tente une virée sur la péninsule en espérant que le temps y sera plus clément mais évidemment c’est pareil. On a du mal à en apprécier la beauté tellement les conditions sont dantesques. C’est plutôt une sensation générale de désolation qui se dégage accentuée par la minéralité absolue des paysages, de rares buissons rabougris faisant office de végétation. On pousse jusqu’à la pointe de Diaz. Sur l’îlot d’en face, les otaries se prélassent au soleil et n’ont que faire de ce vent de tous les diables. On revient sur nos pas en suivant au maximum les côtes de la péninsule et on retourne en ville en espérant un café avant d’attaquer la route. Mais tout est fermé à part les stations, même le Spar. Décidément ce n’est pas le genre d’endroit ou il faut rester coincé. On s’échappe vite avant que ce mauvais sort ne nous tombe dessus. La voiture a du mal à avancer et David doit sans cesse lutter contre les rafales sans parler du sable qui envahit la route à chaque barkhane. On espère que ce ne sera pas comme ça jusqu’à Aus. Au bout de plusieurs kilomètres le vent s’atténue peu à peu et c’est très logiquement la chaleur qui fait son grand retour !

On fait de nouveau un arrêt aux chevaux histoire de faire une pause sur cette route sans fin. Il y en a encore plus qu’à l’aller. Comme David a du mal à se maintenir éveillé, on fait de nouveau une pause à Ais. Un café et un morceau de gâteau sont la halte idéale pour se requinquer. 

On prend ensuite la piste qui monte au Nord vers Sesriem. Mais pour l’instant c’est la région du Tirannesberg aux paysages absolument grandioses de dunes rouges d’un côté et de montagnes noires de l’autre que nous traversons. On avance encore un moment sur cette superbe piste puis on tente de rejoindre une bonne adresse pour passer une agréable soirée dans le bush. On quitte la piste principale pour rouler sur une dizaine de kilomètres dans la ferme convertie en réserve du Namtib Desert Lodge. Les animaux sont au rendez-vous et les magnifiques paysages également.

Quand on arrive, on nous annonce que le camping est complet. Damned, on n'a pas envie de faire demi-tour maintenant. Alors on insiste un peu et ils nous laissent gentiment la possibilité de nous trouver une petite place. On ne regrette pas d’avoir bataillé car l’endroit est fantastique, perdu au cœur de l'immensité namibienne. On peut savourer une fois de plus, une belle soirée sous une voute céleste toujours aussi extraordinaire.

Dimanche 21 décembre

Namtib Désert Lodge – Sesriem (Agama River Camp) : 450 km

Dans la nuit, ce ne sont pas des animaux sauvages qui sont venus rôder autour de la voiture mais des chevaux. On les a bien entendus et pendant pas mal de temps. Pourtant, ce matin, pfffiut, envolés ! Après un petit-déjeuner au cœur de la nature sauvage, nous prenons la route pour Sesriem réputée être une des plus belles d’Afrique australe et c'est vrai ! Une multitude de paysages, plus grandioses les uns que les autres, défilent sous nos yeux. L'âpreté et la rudesse de ces décors, conjuguées à l'immensité incroyable des étendues désertiques, transcendent la beauté naturelle des panoramas. La palette des couleurs, l'irruption de reliefs variés au milieu de plaines immenses, tous les éléments sont réunis pour nous offrir une traversée spectaculaire. Quand nous abordons la réserve de Namibrand, nous avons l'agréable surprise de découvrir en plus des animaux tels que les zèbres mais on ne verra pas les girafes annoncées. On a en plus la chance de dégoter le seul arbre accessible depuis le bord de la route pour pique-niquer à l'ombre, avec en prime, rien que pour nous, ce décor merveilleux.

On arrive ensuite à Sesriem, un des coins les plus touristiques du pays. On passe de la sérénité absolue à la frénésie caractéristique de ce genre de lieux. Toutes les nationalités défilent pour aller voir Sossusvlei et ses fameuses dunes, 65 km à l’intérieur du parc. Mais nous on les a déjà visitées il y a 10 ans, par contre on n'avait pas eu le temps d'aller voir Deadvlei. Alors malgré la chaleur et les kilomètres à parcourir, on décide de ne pas passer à côté cette fois-ci. On en profite aussi pour prendre les permis de demain pour le parc mais pas facile d’avoir des infos, tout ce qu’ils veulent c’est qu’on paye ! Une heure de route à rouler dans un couloir bordé des fameuses dunes rouges du Namib. De temps en temps, oryx, springboks ou autruches montrent le bout de leur nez. Les derniers kilomètres sont réservés aux 4x4 et on se fait bien secouer !Arrivés au bout du parking, un panneau avec la distance 1,1 km et rien de plus, pas d'autres indication, débrouillez-vous ! Avec notre GPS, on a un semblant de direction. On s’équipe pour marcher dans le sable brulant et on se lance à la recherche du mystérieux Deadvlei. Le début est facile puis on arrive au niveau des dunes qu’il faut traverser et là c’est moins évident. Heureusement on est prés du but et quand on arrive en haut de la crête du petit cordon dunaire, le voilà enfin, tel qu’on l’imaginait, magnifique.

Une fois de plus, la nature nous offre un spectacle incroyable : Un lac asséché d'une blancheur immaculée, parsemé d'arbres morts aux troncs noircis par le soleil, le tout entouré par des dunes immenses de sable rouge, le tout dominé par un ciel bleu azur. C'est fascinant. On descend un peu dans le vlei, un ancien marais asséché, dans lequel des acacias ont pu pousser il y a bien longtemps. Puis le climat a changé et peu à peu, tous les arbres sont morts mais l'air est tellement sec que les arbres ne se sont pas décomposés. Ils offrent désormais leur silhouette alambiquée à la curiosité des visiteurs. Un couple de corbeaux a fait son nid sur l'un d'entre eux et tournoie autour de nous, comme s'ils étaient heureux de voir enfin un peu de vie dans ces lieux. On se demande d'ailleurs comment ils peuvent survivre ici. On pourrait s'attendre à ce que Deadvlei inspire un sentiment de désolation, et pourtant il n'en est rien, en tout cas pas pour nous. Au contraire, il se dégage de ces décors improbables, une impression d'immuabilité réconfortante. On serait bien restés plus longtemps à contempler cette merveille étrange de la nature mais on a encore une heure de route à faire dans l'autre sens. En plus, on doit sortir du parc avant le coucher du soleil. De toute façon, comme on ne campe pas sur place, on a ensuite au moins 50 km à faire pour trouver un camping. Dommage qu’il faille faire autant de kilomètres pour si peu mais quelle récompense ! 

Enfin revenus à Sesriem on file vers le nord. Le soleil décline et sa lumière dorée sublime encore plus les paysages. On essaie une première adresse mais ça n'a pas l'air bien vivant. On continue jusqu’au lodge d’après mais sa partie camping est assez négligée et située en bord de route avec vraiment le minimum. Après une telle journée, on a envie de passer une soirée à la hauteurs des sensations ressenties. Alors on revient en arrière pour aller dans une ferme. Mais en repassant devant notre première adresse on se dit qu’on ferait mieux de la tenter car on gagnerait peut-être des kilomètres. Finalement on est les seuls clients et c’est pour ça que ça fait bizarre mais à part ça, c'est une très bonne adresse. En plus le soir, des oryx viennent déambuler dans le camping, tant mieux, c'est exactement ça qu'il nous fallait pour clôturer cette journée en beauté !

 

Lundi 22 décembre

Sesriem (Agama River Camp) – Namib Naukluft Park (Tinkas) : 372 km

De bon matin, on a droit à un véritable festival exécuté par les oiseaux. Il y a un petit point d’eau pas très loin et il semble que ce soit l’heure du rendez-vous de tous les volatiles des environs. Ils arrivent en groupe, tournoient, se posent, boivent un coup et repartent, le tout dans un joyeux concerto de gazouillis et pépiements. Puis ils remettent ça. On a également la visite d’une famille de koudous mais de façon beaucoup plus discrète et timide.
Ce spectacle imprévu nous a fait oublié l'heure mais c'est tout de même le moment de partir. On ne va pas bien loin puisqu’on s’arrête à Solitaire pour prendre la fameuse Apple pie comme il se doit. Après ce rituel, on reprend la route jusqu’à la passe de Kuiseb toujours aussi impressionnante. De temps en temps, on a aperçu des groupes de zèbres alors qu’on n'est pas encore dans le parc. Puis on prend une piste sur la gauche pour démarrer l’exploration du parc puisqu’on a un permis. On commence par le Zebra Pan où on espère apercevoir un maximum de zèbres. On en voit quelques uns, de loin, mais moins que tout à l’heure sur le bord de la route. On roule une cinquantaine de kilomètres parmi des paysages plus ou moins désertiques avant une arrivée surprenante sur Homeb, superbe oasis qu’on découvre juste au dernier moment car nichée dans les gorges de la rivière Kuiseb. On profite de ce lieu improbable et surtout de sa végétation qui nous protège du soleil, pour pique-niquer.

Puis on reprend une autre piste parallèle pour revenir quasiment à notre point d’entrée et partir au nord cette fois–ci. Les paysages se métamorphosent avec l’apparition de montagnes de roches sombres appelées ici inselberg car elles surgissent complètement isolées au coeur de larges plaines couvertes d’une savane blonde. On peut y surprendre springboks, oryx, autruches et zèbres en train de paître ou de tout simplement se reposer. On traverse de nouveau une des gravels qui mène a Windhoek et l’environnement évolue encore. La végétation disparaît peu à peu laissant le sol à nu. Les animaux n’y trouvant plus leur compte, ils ont dû partir, en tout cas ils ne sont plus visibles. On se rapproche d’une zone de plus en plus montagneuse et aussi, l’air de rien, d’une mine d’uranium ! La fin d’après-midi approche et il va nous falloir trouver un endroit pour camper. Comme c’est un parc, on ne peut pas s’installer n’importe où, uniquement aux endroits autorisés alors on tente le plus proche mais il nous plait moyennement, alors on continue un peu plus loin jusqu’au suivant. Entretemps, les conditions de piste ont bien changé, on est passé de la gravel facile à de la piste souvent caillouteuse de montagne et on avance moins facilement. Finalement, au bout d’un moment on descend dans un lit de rivière qui abrite plusieurs emplacements de camping.

Il y a des traces de passages d’animaux dans tous les sens. En inspectant les alentours à pied, on se rend compte que le lit de la rivière n’est pas complètement à sec, il y a, ça et là, de grosses mares entourées de roseaux. C’est vraiment un lieu de vie alors on s’installe un peu en surplomb des diiférents points d’eau en espérant pouvoir apercevoir des animaux qui viendront étancher leur soif en cette fin de journée.

 

Mardi 23 décembre

Namib Naukluft Park (Tinkas) – Swakopmund : 312 km

On a bien entendu quelques cris dans la nuit, un peu comme des hennissements mais pas non plus les cris que font habituellement les zèbres. Ce matin, on les entend de nouveau et qui se rapprochent peu à peu. Finalement, on aperçoit au loin la silhouette de zèbres qui jouent les timides : ce sont bien eux qu’on entendait. Un peu plus loin, c’est un petit groupe de koudous qui descend dans le lit de la rivière, mais tous ces animaux semblent particulièrement farouches.
On continue la piste qui nous emmènera sur la gravel principale pour Swakopmund. Pendant quasiment tout le trajet, nous voyons de nombreux petits groupes de zèbres qui détalent dés qu’ils nous aperçoivent. Puis quand ils se sentent assez éloignés, ils se retournent tous pour mieux nous regarder, puis se mettent à fuir de nouveau. C’est assez impressionnant le nombre de fois où ce petit manège se répète. Une fois la gravel principale rejointe, on voit tout autant de groupes de zèbres mais ils semblent moins peureux. Ils doivent être plus habitués à ce que des voiture passent ici. Puis la végétation disparaît petit à petit, laissant la place à un véritable désert aux paysages complètement désolés.

On arrive enfin sur Swakop mais on continue sur Wallis pour récupérer notre Carnet de Passage en Douane chez DHL mais sur place on nous dit qu’il est finalement à Swakopmund, Argh !
On n'a pas beaucoup de temps finalement. On aurait aimer rendre visite à Pascaline et Olivier qui font des tours du monde en bateau mais ça va faire trop juste. On préfère prendre l'option déjeuner rapide mais au cœur du lagon avec une superbe vue sur tous les flamants roses et quelques pélicans plus tous les autres oiseaux marins. Il y a même des otaries qui viennent pêcher.
Le ciel, si dégagé quand on est arrivé, se couvre largement de nuages. Il est temps de partir en espérant qu’a Swakopmund le soleil aura gagné la partie. Arrivés sur place, on file jusqu’à DHL qu’on a du mal à trouver. Mais heureusement, on tombe par hasard sur le livreur qu’on suit jusqu’au bureau. On récupère le CPD, ouf nous voila bien soulagés !

Il y a énormément de monde partout, c'est les grandes vacances scolaires en Namibie et aussi en Afrique du Sud. On voit vraiment la station balnéaire en pleine saison touristique. C’est le grand boom, à tel point que les 2 campings sont complets. On est donc obligés de se chercher en priorité un endroit pour dormir. Il y a un camping municipal à la sortie de la ville. Celui-ci est très grand et il reste plein des places, bien que pas données. Pas d’ombre, pas d’abri contre le vent, c’est l’usine et tout le monde ou presque vient ici pour pêcher, impressionnant. Débarrassé du problème, on repart en ville pour faire les courses de ravitaillement pour plusieurs jours vu qu’on part se perdre dans le Damaraland, et aussi on aimerait bien trouver des produits d’exception pour le réveillon de Noël, mais en vain ! On finira avec un poulet. Dommage. Le ciel est totalement couvert et le vent souffle bien, la soirée va être rude. Mais en revenant au camping, c'est encore pire. Il y a une soirée sur la plage avec musique à fond. Quel changement radical par rapport à hier ! Heureusement, ce n’est pas souvent et de toute façon, avec ce vent à décorner les bœufs, on est mieux à l'intérieur de la cellule.

 

Mercredi 24 décembre

Swakopmund – Messum Crater : 223 km

Les festivités de la veille sont restées plus que raisonnables vu qu’elles ont cessé bien avant minuit, à notre grand soulagement. La nuit a donc été bonne et le réveil bien plus calme que ce à quoi on s’attendait. Le ciel complètement couvert de nuages au lever se dégage tout doucement. On fait le plein des 2 réservoirs à la station et un tour à sa boucherie où on se dégote des travers de porc qui pour une fois ne sont ni marinés, ni fumés. On prend ensuite la direction plein Nord pour Hanties Bay. Sur toute la côte, on voit des gens installés pour pêcher avec tout leur arsenal. Sur la piste de sel qu’on remonte, c’est la même frénésie. On ne cesse de croiser des voitures, le plus souvent des 4x4 avec des cannes à pêche dans tous les sens, sur le côté, dessus et même dressées devant le pare-choc. Par contre au fur et à mesure qu’on avance, le ciel se couvre de nouveau de nuages, donnant un horizon gris qui se confond parfois avec le sol désertique et désolé.
Arriver en cette saison à Hanties Bay, c’est un peu comme arriver au Far West de la pêche ! Moto, 4x4, pick-up, quad tout est bon pour assouvir leur passion de la pêche avec aussi des faux airs de station balnéaire huppée, curieux cocktail. On essaie d'avoir des infos sur le permis pour Messum Crater mais en vain. On essaie aussi de trouver de la langouste, mais sans plus de succès. Dépités, on se console en allant manger au resto.

On reprend la route puis une piste sur la droite qui s’éloigne de la côte et aussi des nuages. On se rapproche des montagnes peu à peu. On traverse des champs de lichens d'une extreme fragilité puis on débouche sur des champs de welwitchias, plantes extraordinaires à plus d’un titre.
On pénètre ensuite dans le Messum Crater sans vraiment s’en rendre compte. Puis on réalise qu’on est à la destination prévue. Avec de meilleurs repères on peut mieux se situer et mieux profiter de ce lieu gigantesque avec de magnifiques points de vue. On finit de traverser les immenses étendues de l'ancien cratère puis on suit la piste principale qui après avoir longé le lit de la rivière de Messum, débouche sur l'imposant massif de Brandberg. Les paysages sont dénués de vie mais d’une très grande beauté mais aussi d’une toute aussi grande âpreté. C’est le bon moment et le bon endroit pour bivouaquer et passer un réveillon de Noël exceptionnel si on arrive a se mettre à l’abri du vent de la côte qui continue à bien souffler. Le coucher de soleil sur le massif de Brandberg est absolument somptueux avec les parois rouges de la montagne qui s’embrasent sous les rayons dorés du soleil.

Par contre, à part un oryx, aucun animal, même pas d'oiseaux. On se fait un repas royal qui se résume à du poulet grillé avec patates à la braise et une bouteille de rosé mais quel décor !

 

Jeudi 25 décembre

Messum Crater – Otjiwarongo : 401 km

Pas un bruit n’a accompagné le lever du soleil, pas un champ d’oiseau ni de bruissement d’insecte, juste une brise légère. On prend notre petit-déjeuner avec vue sur la montagne de Brandberg qui s’illumine peu à peu sous les rayons du soleil de plus en plus ardents.
On démarre par la piste qui longe le massif. On y traverse de très beaux paysages avec toujours le Brandberg à nos côtés, mais très vides de tout signe vie. Au loin, se dessine des plissements de terrain incroyables, c’est vers là que notre piste va s’enfoncer. Mais tout à coup David m'annonce qu'on n'a plus de freins !

C’est la panne de la dernière fois qui recommence : le support d’amortisseur a cassé sectionnant au passage le tuyau des freins et nous voila sens freins. Panne grave, loin de tout. David examine le problème et pense pouvoir faire une réparation de fortune sur place pour nous redonner des freins. Nous voilà au cœur du désert namibien, sans âme qui vive à des dizaines de kilomètres à la ronde, pour une séance improvisée de mécanique à la MacGiver. Pendant que David essaie de réparer avec les moyens du bord, j'examine la carte et je recoupe avec les infos du guide et du GPS pour voir quelles sont nos options. Au bout d'une heure, David m'annonce que c'est OK, tout va bien, on a de nouveau des freins ! Trop fort, c'est vraiment le champion des mécanos ! Par contre maintenant, sans amortisseur, impossible d’aller à Doros Crater dans cet état.

Changement de plan, il faut qu’on trouve un bon garage qui puisse être capable de re-souder le support d’amortisseur sur le châssis. Finalement, la meilleure possibilité, c'est de rebrousser chemin sur la gravel qui contourne le Brandberg et aller jusqu’à Uis où il est censé y avoir un service 24h/24. Sinon on poussera jusqu’à Omaruru. Problème supplémentaire : c’est Noël et bien sur c’est férié. Mais ici, c’est férié aussi le lendemain de Noël c’est-à-dire vendredi ce qui nous amène à samedi et donc, même si on trouve un garage, c'est pas dit qu'il sera ouvert. De toute façon on n’a pas le choix. En route donc pour 90 km de piste pour Uis. Au moins, c’est bien mieux que la dernière fois où on avait dû parcourir la même distance mais sans frein. Je suis trés tendue au départ car j’ai peur que les freins lâchent de nouveau. Mais David m’assure que ce n’est pas possible de faire meilleure réparation alors peu a peu je me décontracte. Un peu avant Uis, on prend quand même le temps de manger un peu pour reprendre des forces car on ne sait pas vraiment ce qui nous attend.
Au bout d’une heure et demie, on arrive enfin au village où bien sur tout est fermé à par un restcamp. On en profite pour boire un café et avec le wifi on regarde où il y a des garages officiels Toyota. Assez peu d’endroits finalement mais il y en a un à la ville d’après, à Otjiwarongo. Donc on décide de pousser jusque là et si à la ville d’Omaruru on voit quand même quelque chose d’intéressant, on s’y arrêtera mais on n’y croît pas trop. Au bout d’une grosse heure de piste on arrive à la petite ville d’Omaruru. Elle a l’air sympa mais tout est fermé bien sûr et les rues sont désertes. Alors on décide de continuer jusqu’à Otjiwarongo avec, pour nous faciliter la tâche, le retour du goudron.
Encore une grosse heure de conduite et il est temps de trouver un endroit pour dormir mais apparemment, ça ne court pas les rues dans le coin. On essaie un lodge avec un panneau camping. Au bout de quelques kilomètres de pistes on y arrive, mais le patron n’est pas là et apparemment ils ne font pas camping. Argh, on doit tout se retaper à l’envers! Une vingtaine de kilomètres plus loin, juste avant la ville, un panneau avec uniquement camping. Encore 6 km de piste et on arrive dans une ferme. Le proprio nous reçoit chaleureusement et on peut enfin s’installer confortablement et se remettre de cette difficile journée. Plus tard le papy vient nous voir et on discute un peu de sa ferme, de son extraordinaire cheval zébré et de son incroyable histoire. Il le découvre par hasard parmi son bétail il y a 3 ans. Il interroge tous ses voisins mais personne ne sait rien. Alors il le garde prés de chez lui et lui donne un cheval comme copain. Les hybrides zèbre–âne arrivent de temps en temps mais celui-ci est unique.


On lui raconte un peu notre mésaventure du jour et il nous propose d’appeler demain matin le garage pour voir ce qu’ils peuvent faire pour nous. Il ne nous reste plus qu’à attendre demain et de croiser les doigts.

 

Vendredi 26 décembre

Otjiwarongo – Etosha NP (Okaukuejo) : 223 km

Depuis le lever du jour, les oiseaux font la fête, en particulier les inséparables qui s’en donnent à cœur joie. Ils défilent tous au système d’arrosage pour récupérer les quelques gouttes d’eau qui suintent et qui leur permettront d'étancher leur soif. Ce sont des oiseaux très expressifs que nous connaissons bien pour en avoir eu à la maison mais c’est bien plus agréable de les voir évoluer librement dans leur environnement de prédilection. Comme promis, le proprio a pris la peine de téléphoner au garage mais il est fermé jusqu’à la semaine prochaine, c’est bien ce qu’on craignait. Tant pis, on va en profiter pour faire un tour à Etosha en attendant et on verra à Tsumeb si on peut faire quelque chose.
Avec cet nouvelle optique en tête, on part en ville faire ravitaillement en carburant et aussi des courses car heureusement le Spar est ouvert. Puis on part pour le parc Etosha. Avec une bonne route de goudron, nous y sommes en deux grosses heures avec un arrêt pique-nique au milieu.
Une fois entrés au parc, on va direct au camp d’Okouakuejo pour organiser notre séjour du week-end car ce n'est pas évident qu’il reste des places de camping en cette période très chargée. Finalement on arrive a obtenir un emplacement ici pour ce soir et un autre à Halali pour demain, c’est parfait. Avant d’aller se promener, on vérifie dans le livre des sightings quelles sont les dernières observations effectuées et où. Dommage que ce ne soit pas comme au Kruger avec une carte car c’est plus visible et plus facile d’accès et donc plus facilement rempli par les visiteurs. Apparemment il y a des lions à Ondeka, alors on y va direct. Pleins d’animaux sur la route alors que la dernière fois il n’y en avait pas ! Arrivés au trou d'eau, les lions sont invisibles, sûrement allongés dans les herbes au frais. Alors on continue la boucle mais pas grand-chose. On revient à Ondeka où on décide d’attendre jusqu’au dernier moment pour rentrer des fois que les lions se seraient décidés à bouger mais toujours rien. Assez déçus, on rentre au camp quelques minutes avant la fermeture des portes.

La soirée se révèle très chaude mais la fraicheur finit quand même par arriver. L'avantage du camp, c'est qu'il y à un trou d'eau aménagé et accessible facilement. Du coup on peut s'y rendre à tout moment, même la nuit. Pendant la soirée, nous nous y rendons à maintes reprises. Nous avons la chance d'y apercevoir les très farouches rhinos noirs la nuit tombée, jusqu’à 5 en même temps, ça doit être leur point de rendez-vous !

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