Zambie-Zimbabwe 1ère partie : le Sud du Zimbabwe, de Livingstone puis Hwange NP au trésor caché du parc de Gonarezhou

Zambie-Zimbabwe 1ère partie : le Sud du Zimbabwe, de Livingstone puis Hwange NP au trésor caché du parc de Gonarezhou

Zambie-Zimbabwe 1ère partie : le Sud du Zimbabwe, de Livingstone puis Hwange NP au trésor caché du parc de Gonarezhou

Du 14 au 23 mai 2015

Livingstone -> Hwange NP -> Matobo NP -> Great Zimbabwe -> Gonarezhou NP -> Chirinda Forest

Album photos - 1ère partie - Zambie Zimbabwe : le Sud, de Livingstone au parc de Gonarezhou

Album photos - 1ère partie - Zambie Zimbabwe : le Sud, de Livingstone au parc de Gonarezhou
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Jeudi 14 mai

Bordeaux - Johannesbourg

C'est un long voyage qui nous attend pour rejoindre Livingstone en Zambie, notre destination finale. Tellement long qu'on a choisi de le faire en plusieurs étapes. Vu que notre avion décolle à 6H du matin de Bordeaux, nous sommes en fait partis hier soir de la maison pour rejoindre un hotel près de l'aéroport et y passer la nuit. Mais, alors que nous sommes partis depuis déjà un bon moment, David s’aperçoit qu’il a oublié son portefeuille donc nous sommes obligés de faire demi-tour : une heure dans la vue. Arrivée à l’hôtel à minuit pour un lever à 4h30 ! Ca commence fort ! Heureusement, le reste du parcours, hormis un réveil bien difficile, se passe sans anicroches. On décolle à 6H comme prévu pour Amsterdam et après un long vol de jour, on arrive à Joburg en début de soirée. On récupère les bagages et les formalités sont rapidement effectuées. On trouve facilement la navette qui nous conduit à l'hôtel que nous avions réservé par internet pour ne pas avoir à batailler sur place. On prend un verre au bar, histoire de fêter notre retour en Afrique et hop au dodo pour récupérer !

 

Vendredi 15 mai 

Johannesbourg - Livingstone

Après une bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner de roi à l'hôtel, nous revoilà dans la navette pour l'aéroport. De nouveau les formalités et on embarque dans l'avion plein à ras-bord pour Livingstone. Le vol de déroule sans histoire en deux heures et nous débarquons sur le tarmac du modeste aéroport international de Livingstone. Nous sommes tout heureux de fouler le sol de la Zambie d'autant plus que la température est plus qu'agréable et un franc soleil nous accueille. On met un peu de temps à accomplir les formalités d'entrée mais ça vaut le coup car nous avons réussi à obtenir le Kazavisa, visa valable pour la Zambie et le Zimbabwe, entré en vigueur depuis peu.  Une brève course en taxi et nous retrouvons Nick dans son garage et bien sûr notre fidèle Totoy préparé avec soin. On se met d'accord pour notre retour, et nous partons en ville. On démarre par un bon déjeuner au resto puis les courses habituelles de ravitaillement et enfin le carburant. On est fin prêts pour notre trip.  Mais on a décidés d'y aller en douceur alors on s'éloigne un peu de la ville pour rejoindre notre camping. Il n'est pas bien loin mais la piste est plutôt pénible pour y arriver. Du coup, le soleil est déjà couché quand on y arrive ! Depuis le lodge, on jouit d'une vue superbe sur les gorges du Zambèze en contrebas. Le camping lui, n'a pas de vue et l'équipement est assez rustique avec un système original de chauffage de l'eau à la paraffine. Vu l'heure avancée et qu'il fait déjà nuit, on range le minimum de nos affaires et des courses. On finira demain matin. Sauf que plus tard dans la soirée, on s'aperçoit que la batterie secondaire, qui gère le frigo, les lumières, … est à son tour HS. Il va falloir s'en occuper, mais demain est un autre jour.

 

Samedi 16 mai 

Livingstone – Hwange NP (Main Camp) : 224 km

Beaucoup de choses à faire ce matin donc il va falloir choisir car ça ne va pas être possible de tout faire. On fait quand même le rangement de base des affaires et des courses, ça nous permet en même temps de faire l’inventaire de ce qu’on a et donc éventuellement d'avoir une chance supplémentaire de trouver ce qui manque. David rassemble comme il peut le système de moustiquaire qu’il a adapté d’un système de moustiquaire de fenêtre standard pour le poser entre notre cellule et la cabine, le soufflet n’étant plus véritablement étanche. Histoire de corser l’histoire, il a dû le couper en 2 pour le faire entrer dans les bagages. Du coup, pour l’instant il faut remonter le puzzle. On s’arrête là car il faut résoudre en priorité le problème de la batterie secondaire et pour ça, on soit retourner à Livingstone, chez Foleys. Comme on doit repasser par le lodge, on en profite pour aller admirer de nouveau la superbe vue sur le Zambèze. Le panorama plongeant est vraiment incroyable. On a une vue imprenable sur les célèbres rapides de l'impétueux fleuve. Justement, des canots bien remplis et pourtant minuscules depuis notre promontoire, sont en train de se les coltiner ! On ne peut résister à l'envie de profiter du spectacle et aussi, on doit bien l'avouer, de voir comment ils vont s'en sortir ! De si haut, on ne se rend pas bien compte des difficultés de manœuvre, mais on voit quand même les tourbillons, les vagues et leur écume, la force des courants, tous ces éléments hostiles que ces personnes en quête de sensations fortes veulent affronter. Eh bien, ils sont servis et pour rien au monde, je ne prendrai leur place. Une petite accalmie s'offre à eux qaund ils atteignent le coude en épingle à cheveux de la gorge. Ils ont intérêt à reprendre des forces car les rapides qui les attendent ensuite ont l'air bien plus tumultueux que ceux qu'ils viennent de franchir, si on en croit le condensé d'écume blanche qui s'en dégage.

Les impressionnantes gorges traversées par le Zambèze Les aventuriers affrontent les rapides du Zambèze en pneumatiques ou petit kayak
Les impressionnantes gorges traversées par le Zambèze Il faut toujours se méfier d'un rhino noir, réputé particulièrement imprévisible

On laisse nos aventuriers nautiques et on reprend la courte mais mauvaise piste pour Livingstone. Au garage, David se cogne le démontage de la batterie et heureusement pour nous Nick nous trouve un modèle équivalent. Remettre la nouvelle batterie en place est une vraie bataille. Quand il avait conçu le système, David ne pensait pas qu’on aurait la batterie à changer aussi souvent ! 

On a perdu pas mal de temps mais on est encore dans les temps, alors on part de suite pour la frontière. Côté Zambie, c’est rapide bien que nous ne soyons pas en règle avec les taxes de route pour la voiture. Mais on tombe sur un gars sympa et comme on revient dans quelques semaines, on échappe à une possible amende. On traverse ensuite le fameux pont qui enjambe le Zambèze en longeant les chutes Victoria : tout simplement somptueux ! On ne peut pas rêver mieux comme entrée au Zimbabwe !

Très impressionnant de passer sur le pont qui surplombe les chutes Victoria dont on perçoit le nuage de brumes

Très impressionnant de passer sur le pont qui surplombe les chutes Victoria dont on perçoit le nuage de brumes

Les formalités côté Zimbabwe nous prennent plus de temps car on doit s’acquitter de différentes taxes (carbonne, routes) et prendre une assurance car malgré celle que nous avons et qui est normalement valable au Zimbabwe, ils ne veulent pas la reconnaître. Mais au final tout se passe très bien grâce à nos visas Kazavisa qui nous facilitent la tâche en plus de nous faire économiser un peu d'argent. On a bien mérité de s’offrir un déjeuner au resto à la ville de Victoria Falls. Après cette pause bienfaisante, on reprend la route pour un long et monotone trajet jusqu’au parc de Hwange où on arrive juste à la tombée de la nuit, accueillis par une troupe d’éléphants. Le camp a l'air moderne et semble être récemment rénové, il est très agréable. En plus on est quasiment seuls. On passe la soirée au milieu de jolies bestioles qui bondissent joyeusement autour de nous, ce sont des spring hares, sortes de croisement entre un lapin et une gerboise à la longue queue touffue qui se termine par un toupet noir. A la lumière de nos torches, les petites billes dorées que forment leurs yeux s’agitent doucement dans tous les sens. A la fois rigolo et sympa. Il y a aussi d’autres yeux jaunes qui s’affairent dans la nuit :impalas et koudous. Plus tard, on a même une hyène qui vient faire son apparition. On entend aussi beaucoup de bruits d’animaux avec en particulier quelques barrissements d’éléphants mécontents et des hurlements de hyènes toujours aussi spectaculaires, sans parler des continuels cris d’alerte des impalas. Tout ce petit monde nous tient compagnie toute la nuit, donnant toute sa saveur à notre première véritable nuit africaine.

  

Dimanche 17 mai 

Hwange NP (Main Camp) – Matobo NP : 472 km

Lever dans la fraîcheur alors que le soleil pointe son nez. On part assez tôt mais pas trop car avec le froid les animaux ne seront de toute façon pas très actifs. Nous prenons la piste pour Kennedy Pan. Elle traverse une forêt à la végétation plutôt dense donc peu de chance de voir quoi que ce soit à moins qu’il ne soit sur la piste. Aux abords des pans, la végétation change, la forêt recule pour laisser la place à une sorte de savane sèche aux herbes très hautes. On aperçoit nos premiers troupeaux d’éléphants qui dépassent à peine des herbes. Peu d’animaux à part les éléphants mais à certains trous d’eau, on voit quand même des zèbres et des impalas. Puis on tombe sur une voiture de safari arrêtée, en général c’est bon signe et effectivement on aperçoit une lionne. Celle-ci, très vite se lève pour partir s’installer un peu plus loin derrière un talus au bord de la piste y rejoindre deux autres lionnes. Malheureusement, elles sont à peine visibles et une fois tout ce beau monde couché, c’est impossible de se douter de leur présence. Remotivés par cette surprise, on se dirige vers le pan de Ngweshla et ses diverses pistes à explorer. C'est endroit absolument magnifique et ce n'est pas pour rien qu'un coin pique-nique où on peut aussi camper se dresse ici. Les panoramas sont superbes et on est quasi aux premières loges du plan d’eau où tous les animaux des alentours doivent défiler pour s’abreuver. On est sous le charme, ça doit être génial de camper  là … à creuser pour la prochaine fois ! On remonte par la grande boucle, une piste qui ne doit pas être beaucoup fréquentée. On rencontre plusieurs fois des éléphants qui semblent très nerveux, on est loin de la sérénité des éléphants du Botswana. La persistance du braconnage doit en être probablement la cause.

Les beaux paysages du parc Hwange nous accueillent Troupeau de girafes à l'assaut des buissons
Les beaux paysages du parc Hwange nous accueillent Troupeau de girafes à l'assaut des buissons
Au trou d'eau, l'excitation monte Une lionne se laisse apercevoir furtivement parmi les hautes herbes
Au trou d'eau, l'excitation monte Une lionne se laisse apercevoir furtivement parmi les hautes herbes

 

Finalement, on sort du camp principal peu avant une heure. On roule pour s’avancer et couper le trajet fastidieux jusqu’à Matopos, un parc situé après Bulawayo. On ne sait pas si c’est parce que c’est dimanche mais il y a heureusement pour nous moins de camions que la veille. On a droit à plusieurs contrôles routiers. Comme on a bien préparé tous les équipements nécessaires et souvent vérifiés par la marée-chaussée, tout se passe bien à chaque fois. La route est en assez bonne condition à part de temps en temps des potholes, des nids de poules, ou de grosses déformations du goudron. Dans l’ensemble c’est quand même bien. Par contre, c'est vraiment fastidieux car il n'y a quasiment aucun village au bord de la route, juste quelques cases et des champs cultivés çà et là. En tout cas, il n'y a vraiment pas foule et ce sont des heures passées plutôt ennuyeuses. On traverse toujours de la forêt plus ou moins vallonnée. En s’approchant de Bulawayo, on commence à voir des habitations puis soudain de gross buildings au loin, à peine croyable !

Feux rouge, double voie, et même une piste cyclable : une grande ville moderne à la sauce africaine. Mais vu l'image qu'on avait du Zimbabwe, c'est très surprenant. On décide de continuer malgré l’heure tardive pour pousser jusqu’à une adresse recommandée de camping, juste avant le parc de Matopos. On y arrive alors que la nuit tombe. On est particulièrement bien accueillis et les prestations sont très bonnes, exactement ce qu’on souhaitait. On va enfin pouvoir souffler un peu.

 

Lundi 18 mai 

Matobo NP – Matobo NP : 89 km

On profite des installations plutôt bonnes, comme une bonne douche avec de l'eau chaude, pour un lever tranquille. On entre ensuite dans le parc de Matobo souvent appelé aussi Matopos. Ce petit parc et sa région abritent un des plus importants gisements de traces, outils et divers témoignages de présence humaine ancienne dont les peintures rupestres qui datent de l'âge de la pierre. On comprend mieux pourquoi Matobo est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

Une fois entrés, on se dirige directement sur Malame Dam pour repérer où on va camper ce soir. Comme il n'y a pas de poste de formalités à l'entrée, on se rend au quartier général des rangers pour nous acquitter des droits d'entrée et en savoir un peu plus sur le parc. On retourne ensuite sur la piste plus au nord pour démarrer la visite de Nswatugi Cave. La piste pour rejoindre la grotte est assez hard puis il faut enchainer avec une bonne petite grimpette. Mais ça vaut vraiment le coup d'y aller. On peut y admirer plusieurs peintures rupestres bushmen datées pour la plupart de 6000 à 10000 ans. La fresque principale rassemble deux magnifiques girafes et pleins d'autres animaux dont des koudous. On distingue aussi des hommes, sûrement des chasseurs, qui évoluent parmi les animaux. Les traits sont étonnamment fins et délicats pour la plupart. C'est vraiment impressionnant et même émouvant quand on s'imagine nos lointains ancêtres en train de peindre cette fresque puis nous, leurs descendants, se retrouver là des milliers d'années plus tard en train de contempler leur œuvre. On en profite aussi pour explorer les alentours car on est situés tout en haut d'une colline et la vue sur les environs est vraiment fantastique. On peut admirer le magnifique panorama autour de nous, mélange incessant et subtil de roches granitiques, de reliefs plus ou moins accidentés et de végétation plus ou moins verte sous un ciel radieux.

Malame Dam dans le très joli parc de Matobo Les rochers granitiques sont l'emblème de Matobo, à juste titre
Malame Dam dans le très joli parc de Matobo Les rochers granitiques sont l'emblème de Matobo, à juste titre
L'autre spécificité de Matobo sont la présence de nombreuses peintures rupestres Certaines peintures rupestres de Matobo représentent des humains, plus souvent des animaux
L'autre spécificité de Matobo sont la présence de nombreuses peintures rupestre

Certaines peintures rupestres de Matobo représentent des humains, plus souvent des animaux

 

On retrouve ensuite la route qu'on traverse pour aller dans la partie où il est censé avoir des animaux. Les paysages de granit et de forêts et qui font la réputation du parc de Matobo sont magnifiques. Chaque assemblage de granit est différent avec des variations de formes toujours très variées et parfois surprenantes. Arrivés à Mpopoma dam, nous jouissons une fois de plus d'un très beau point de vue sur un beau lac, bordé de joncs et roseaux aux plumets blancs et entouré par d'innombrables amas de granit. Il y a en plus une famille d'hippopotames pour nous tenir compagnie pendant notre déjeuner. Même s’il fait beau, il ne fait pas très chaud et même un brin frisquet à l’ombre, cela doit être parce qu’on est monté en altitude. Après le pique-nique, on continue notre boucle. On ne voit aucun animal mais les paysages sont vraiment très beaux et toujours changeants. Alors qu’on s’y attend le moins on tombe nez à nez sur quatre rhinocéros installés sur la piste. Ils ont leur corne coupée même si apparemment ça ne décourage pas suffisamment les braconniers. On comprend pourquoi on a croisé à plusieurs reprises des rangers à pied qui patrouillent dans le parc. Les quatre mastodontes restent un moment sur la piste puis disparaissent dans les hautes herbes.

Vue idyllique comme une carte postale de Matobo Une troupe d'hippopotames se prélasse au soleil
Vue idyllique comme une carte postale de Matobo Une troupe d'hippopotames se prélasse au soleil
Certaines pistes ne sont pas très fréquentées ! On vient surtout à Matobo pour les paysages sans cesse changeants, mais toujours magnifiques
Certaines pistes ne sont pas très fréquentées ! On vient surtout à Matobo pour les paysages sans cesse changeants, mais toujours magnifiques
Une colonne de rhinocéros s'empare de la piste ! Certains empilements de rochers sont particulièrement surprenants
Une colonne de rhinocéros s'empare de la piste ! Certains empilements de rochers sont particulièrement surprenants

Comme c’est presque la fin de l’après-midi, on rentre gentiment sur Maleme dam, car on voudrait quand même profiter tranquillement du soleil de fin de journée. Mais le temps qu’on y arrive, le soleil est passé derrière les montagnes et on se retrouve à l’ombre, dommage car l’endroit est vraiment très sympa. D’ailleurs, les babouins ne s’y sont pas trompés et ils peinent à déguerpir quand on débarque. Puis, en un clin d’oeil, ils se réfugient sur les rochers tout en haut de la colline, là où il y a encore du soleil et ils nous font un concerto de cris en tout genre le temps que la nuit tombe sur le dam. Il fait très vite frais mais on a fait un bon feu pour faire le braai et aussi se réchauffer toute la soirée.

 

Mardi 19 mai 

Matobo NP – Great Zimbabwe : 378 km

On pensait avoir un réveil en fanfare avec les babouins mais c’est finalement les francolins qui s’avèrent les plus bruyants et les plus pénibles. On commence notre visite du jour par la découverte de la grotte de Pomongwe mais les peintures sont très effacées et on ne distingue plus grand-chose. On a par contre droit à un très chaleureux accueil des gardiens. Puis on file à White Rhino Cave avec de très intéressantes peintures notamment une série humaines et bien sûr celle du rhinocéros blanc, très stylisée. Encore une fois, nous farfouillons un peu et découvrons un très beau panorama sur les alentours. On continue sur le site de Cécile Rhodes Grave et View of the World. Après une petite marche, on découvre des vues sur les environs à couper le souffle. Les panoramas sont absolument grandioses et semblent infinis. On comprend pourquoi Cécil Rhodes, « fondateur » de la Rhodésie (ancien nom du Zimbabwe du temps des colonies anglaises), a choisi de se faire enterrer ici.

La grâce naturelle qui émane de ces tableaux est touchante La célèbre peinture rupestre du rhinocéros blanc
La grâce naturelle qui émane de ces tableaux est touchante La célèbre peinture rupestre du rhinocéros blanc
On se sent souvent très petit dans de tels décors View of the World, la bien nommée
On se sent souvent très petit dans de tels décors View of the World, la bien nommée

 

Vue à couper le souffle depuis la tombe de Cécil Rhodes Souvent Matobo se révèle comme une véritable oeuvre artistique de la nature
Vue à couper le souffle depuis la tombe de Cécil Rhodes Souvent Matobo se révèle comme une véritable oeuvre artistique de la nature

Quelque soit l'endroit où  se pose le regard, les paysages sont magnifiques. Mais les rochers qu’on arpente méritent aussi notre attention avec les lichens multicolores qui les recouvrent. Et quand des lézards aux couleurs d’arc-en-ciel décident de s’y poser pour prendre le soleil cela donne un incroyable festival de couleurs naturelles. Il est déjà temps de quitter ce magnifique petit parc non sans tester une dernière piste. Celle-ci nous offre encore une fois une très belle vue sur un dôme granitique noir recouvert de rochers que les lichens multicolores colonisent peu à peu. Les collines de Matobo méritent vraiment qu'on s'y attardent, elles ont beaucoup à offrir, tant au niveau des paysages que des riches témoignages artistiques et culturels de notre passé.

On repart sur Bulawayo, qu’on contourne par sa banlieue aisée. On y fait un ravitaillement complet, carburant plus courses dans un petit centre commercial très bien fourni. On enchaine enfin avec les 300 km de route qu’on doit avaler jusqu’à notre destination finale, Masvingo puis le lac Kyle. La route se révèle encore une fois monotone bien que plus peuplée et cultivée que celle de Hwange. Malgré nos efforts, nous arrivons tardivement  au lac, dans un superbe camping au jardins luxuriants

Mercredi 20 mai 

Great Zimbabwe – Gonarezhou NP South (Mabalauta) : 310 km

Nous sommes assez surpris d'avoir dégoté un endroit aussi agréable pour passer la nuit et on regrette vraiment de ne pouvoir s'attarder ici. On profite cependant des lieux pour s'offrir un petit-déjeuner avec une superbe vue sur le lac Mutirikwi. On prend aussi le temps de discuter avec le couple d'autrichiens qui voyagent avec leur Pinzgauher et qui nous donnent quelques tuyaux sur Gonarezhou où nous allons après. Une fois enfin prêts, nous quittons ce très bel et agréable endroit, pour visiter Great Zimbabwe. Finalement, on opte pour une visite guidée et bien nous en a pris car ce site est particulièrement intéressant.

On visite en premier la colline où vivaient les rois, puis la vallée ou vivaient les femmes du roi et enfin, le plus impressionnant le grand enclos de la première femme du roi, dont le mur d'enceinte mesure 11 mètres de haut. L'architecture magnifique de pierres exploite au mieux les reliefs granitiques déjà existants. Tout est en courbe, en puissance et pourtant sans ciment, uniquement en jouant avec la taille et l’assemblage des pierres. Les vues depuis la colline des rois sont superbes et l’habileté des bâtisseurs impressionnante. L'ensemble s'avère imposant, et parfois massif mais jamais lourd ni pesant. On se demande comment ils ont pu réaliser une telle prouesse à cette époque. En effet, la cité date du 11ième siècle, et fut le centre d'un vaste empire qui couvrait les territoires des actuels Zimbabwe et Mozambique. A son apogée, on pense que la ville comptait jusqu'à 18 000 habitants. On y a retrouvé des objets et des pièces qui révèlent que des relations commerciales existaient avec la Chine, la Perse et les Arabes de la côte Est africaine. Mais au 15ième siècle la cité fut abandonnée car on n'arrivait plus à nourrir ses habitants notamment à cause de la déforestation !

L'architecture puissante et raffinée, caractéristique de Great Zimbabwe Superbe vue sur le site étendu de Great Zimbabwe
L'architecture puissante et raffinée, caractéristique de Great Zimbabwe Superbe vue sur le site étendu de Great Zimbabwe
Les murs d'enceinte de plusieurs mètres de haut sont aussi d'une largeur impressionnante Tour emblématique qui figurait sur la monnaie nationale
Les murs d'enceinte de plusieurs mètres de haut sont aussi d'une largeur impressionnante Tour emblématique qui figurait sur la monnaie nationale

La visite de 2 heures se ponctue par la visite du musée dont le point d’orgue est les oiseaux, emblèmes des différents rois et dont l’un d’entre eux figure sur le drapeau du pays. Les ruines de Great Zimbabwe sont déclarées Monument National pour le pays et sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. Pendant longtemps les européens se refusaient à admettre l'origine africaine d'une telle cité et de son empire et toutes sortes de théories essayaient de justifier son existence. Pour les penseurs de l'époque, c'était tout simplement inenvisageable que des africains puissent batir un tel empire uniquement par eux-même. Mais au début du siècle dernier, de véritables archéologues ont pu fouiller le site et ont prouvé que c'est bien le peuple Shona qui a fondé la ville. Quand on sait tout ça, on comprend encore plus pourquoi les Zimbabwéens sont si fiers de cet endroit.

Après cette très intéressante visite, on prend la route pour rejoindre le parc de Gonarezhou, dans sa partie sud. La route s'avère très sympa car il y a pas mal de relief de granit et pas mal de terre cultivées et donc habitées. A la petite ville de Runde, la traversée de la rivière du même nom, nous donne droit à de très jolis panoramas depuis le pont. L'arrêt photos s'impose. On profite de la présence d’une jolie station pour y faire un complément de carburant. Tant qu’on y est, on mange aussi au resto-grill de la station, qui est très bien, et comme très souvent avec les gens très gentils.

Peu après, la route redevient monotone et on la quitte pour prendre une piste très monotone aussi. Une partie traverse un ranch, une autre traverse des champs plus ou moins abandonnés avec des habitations du même acabit. Finalement, ça représente pas mal de monde mais il n’y a pas beaucoup de réels villages. Au final, on arrive à 5 heures à la gate d'entrée. Le gardien n'est pas des plus efficaces pour une fois et on met un quart d’heure pour s’enregistrer et payer ! Le jour tombe mais les animaux ne sont pas de sortie. On arrive au camp alors qu’il fait déjà nuit : pas facile pour s’y retrouver, mais on s’installe à un emplacement sympa.

Magnifique panorama depuis le pont sur la rivière Runde Une silhouette de baobab se dessine dans le soleil couchant : on approche du but
Magnifique panorama depuis le pont sur la rivière Runde Une silhouette de baobab se dessine dans le soleil couchant : on approche du but

Finalement, pas mal d’animaux nous tiennent compagnie, surtout sur le plan sonore où certains semblent même se déchainer. Impalas, éléphants, nyala et hyène et bien sûr babouins et singes vervet se montrent dans notre voisinage.

Jeudi 21 mai 

Gonarezhou NP South (Mabalauta) - Gonarezhou NP North (Chipinda Pools) : 215 km

Pour le lever, nous sommes seuls avec nos amis les animaux. Nous avons droit à l’éveil des petits groupes d’impalas du coin qui sont d’humeur joueuse ou bagarreuse, c'est selon. Les babouins aussi sont de la partie mais avec eux c’est bien plus animé et surtout bien plus bruyant. Finalement, un seul singe vervet vient nous rendre visite, on n'aura pas à surveiller nos affaires pendant le petit déj.

On commence par aller à l’office pour se mettre en règle avec les formalités et aussi pour demander quelques renseignements, en particulier comment rejoindre la partie nord du parc sans en sortir. On part d’abord faire la boucle du sud, avec différents points de vue disséminés le long du parcours. On n'aperçoit que très peu d’animaux mais nous sommes récompensés par de très beaux points de vue aménagés sur la rivière, notamment à Rossi Pools, grandiose et Wright's Tower qui l'est tout autant. On surprend quand même un joli petit troupeau de buffles partis boire à la rivière et aussi des crocodiles, chaque fois qu’il y a assez d’eau. Il y a aussi des waterbucks et plus généralement des koudous et des impalas. On revient ensuite sur nos pas à Mabalauta pour aller plus au nord et nous rapprocher ainsi de la piste qui traverse le parc. On va voir deux pools espérant apercevoir des hippopotames mais en vain. En fin de matinée nous quittons la zone de Mwenezi, qui nous a bien plu, pour entamer la traversée du parc de Gonarezhou jusqu’à la rivière de Runde.

Plusieurs points de vue sont aménagés le long de la superbe rivière Sur les rives d'en face, d'immenses baobabs se mêlent à la forêt
Plusieurs points de vue sont aménagés le long de la superbe rivière Sur les rives d'en face, d'immenses baobabs se mêlent à la forêt
Notre promontoire en surplomb permet de surprenre unbeau croco parmi les roches Encore une vue incroyable depuis la Wright's Tower
Notre promontoire en surplomb permet de surprenre unbeau croco parmi les roches Encore une vue incroyable depuis la Wright's Tower

 

On suit une première piste qui nous mène à un pan asséché puis à la voie ferrée que nous traversons. On recherche ensuite une piste intermédiaire transversale qui a le mérite de ne pas être de la tôle ondulée. Nous voilà partis pour des kilomètres et des kilomètres de traversée de bush sans apercevoir ou quasiment pas d’animaux. Les paysages sont quasiment les mêmes sur des kilomètres. On essaie de ne pas se perdre en jonglant entre le GPS et les cartes assez peu précises.

Puis en nous approchant de la zone nord, on change de relief et de paysages. On suit des lits de rivière asséchés qui possèdent parfois de grands arbres qui bordent leurs berges. Il y a aussi de grandes forêts de mopanes, l’un des arbres préférés des éléphants. Au bout de presque 4 heures, on arrive enfin sur les rives de la rivière Runde, au niveau des falaises de Chilojo, c’est une des vues les plus majestueuses d'Afrique australe, avec en plus, en premier plan, un éléphant en train de traverser pour compléter le tableau. On explore les différents camps alentours pour voir lequel on va réserver pour la nuit prochaine. Les alentours sont vraiment très beaux avec un peu plus d’animaux, essentiellement des impalas. A Chinguli, on tombe sur des belges qui reconnaissent notre Totoy après nous avoir croisé lors de notre dernier voyage il y a 6 mois, à Aus, en Namibie. Trop rigolo de se retrouver ici. On discute un peu mais on doit les laisser car on doit aller à Chipinda Pools pour nous enregistrer. Mais pour cela, il faut d’abord traverser la rivière au passage à gué aménagé. Quand nous nous approchons, deux voitures sont déjà dans le lit de la rivière et ils nous font de grand signes. On leur répond chaleureusement mais, manifestement, ils veulent qu’on vienne. Arrivés dans le lit sableux de la rivière, on  se rend compte qu’il y a un 4x4 avec une remorque vraiment bien planté. On leur propose notre aide et ils nous accueillent comme des sauveurs. Et on les comprend quand ils nous racontent qu'ils sont plantés là depuis une heure de l’après midi ! Soit presque 4 heures à s’échiner, à pelleter en vain pour faire sortir la voiture. Forcément, quand David sort le treuil et les tire de ce mauvais pas, c'est un grand soulagement pour eux qui se voyaient déjà entrain de passer la nuit sur place. On s’assure que la deuxième voiture parte également sans problème et on s’élance dans le passage à gué. Le niveau d’eau n’est pas bien élevé et le passage à gué  bien empierré, du coup, c’est assez facile. On remonte sur l’autre berge et le tour est joué !

La piste interminable et rectiligne qui relie la partie Sud à la partie Nord de Gonarezhou C'est pour admirer cette vue époustouflante que nous avons fait tant de kilomètres
La piste interminable et rectiligne qui relie la partie Sud à la partie Nord de Gonarezhou C'est pour admirer cette vue époustouflante que nous avons fait tant de kilomètres
Quelle vision sublime s'offre à nous, une merveille de l'Afrique sauvage Des voyageurs en bien mauvaise posture sont heureux de nous trouver
Quelle vision sublime s'offre à nous, une merveille de l'Afrique sauvage Des voyageurs en bien mauvaise posture sont heureux de nous trouver
A notre tour de nous lancer pour traverser le lit de la rivière Le gué est peu marqué mais repérable, heureusement
A notre tour de nous lancer pour traverser le lit de la rivière Le gué est peu marqué mais repérable, heureusement

On se voit déjà au campsite en train de siroter une bière bien fraiche dans les dernières lueurs du soleil couchant, à admirer la rivière et sa vie sauvage. Mais les 25 kilomètres qui nous séparent sont plus ardus que prévus, ou plutôt bien plus lents avec des sortes de bumps, tous les 50 mètres par endroit. C’est un système pour favoriser l’écoulement de l’eau hors de la piste pour éviter que ça ravine trop à la saison des pluies et donc limiter les dégâts faits sur la piste. Mais c’est surtout pénible et ça nous gâche presque le plaisir de la vue de forêt clairsemée de magnifiques baobabs sur les collines qui nous entourent. Du coup, pour changer, on arrive à la nuit tombée au campsite !

Les collines couvertes de végétation commencent à se parer de la teinte rougeoyante de la fin de journée Coucher de soleil sur la rivière Runde à couper le souffle
Les collines couvertes de végétation commencent à se parer de la teinte rougeoyante de la fin de journée Coucher de soleil sur la rivière Runde à couper le souffle

Mais il n’y a pas de bureau, il est plus loin. Vu l’heure, on décide de s'installer directement et d’aller au bureau le lendemain matin. Pour l’instant, on essaie de profiter de la magie des lieux avec les hippopotames qui nous chantent la sérénade.

Vendredi 22 mai 

Gonarezhou NP South (Chipinda Pools) - Gonarezhou NP North  (Chamaluvati) : 157 km

Un lever au bord d'une rivière africaine est toujours un moment privilégié, et notre lever à Chipinda Pools ne déroge pas à la règle. Les oiseaux vont et viennent au dessus de la rivière, les hippopotames daignent se montrer de temps à autre et quelques crocodiles se laissent dériver dans le courant. Alors qu’on prend notre petit déjeuner, une voiture arrive. Ce sont nos voisins d’à côté, des sud-afs. Ils viennent savoir si on a traversé la rivière et comment ça s’est passé car ils ont juste un 4x2. En plus, ils veulent aller au sud et eux aussi veulent éviter de sortir du parc et prendre l'infernale piste principale de tôle ondulée. Alors on leur explique par où on est passé et on leur décrit la nature des pistes empruntées qui ne devraient pas leur poser de problème. Comme ce matin, on doit traverser à Chipinda, ça les intéresse de nous voir passer pour savoir jusqu’où va monter l’eau. En retour, ils nous donnent pas mal d’infos sur les Highlands et même carrément des cartes touristiques. On se donne rendez-vous devant le passage à gué et on convient de leur faire signe quand on y part car nous devons auparavant passer au bureau pour payer et réserver notre campsite de ce soir.

Le moment fatidique arrive, on passe la partie empierrée puis on attaque l’eau, on doit s’arrêter car un petit croco à décider de nous barrer la route. Mais à part ça, pas de problème, le niveau n’est pas bien haut. Une fois arrivés sur l’autre rive, on leur fait signe que tout est ok, ils pourront venir demain et traverser enfin. On prend la piste du sud, avec un détour par le viewpoint de Bengir, où on aperçoit une antilope sable. Les traces des passages des éléphants qui s'apparentent parfois à de véritables ravages sont incroyables, on en n’a jamais vu comme ça. Ce n'est pas pour rien que Gonarezhou signifie l'endroit de beaucoup d'éléphants. Et pourtant nous n’en voyons aucun, juste quelques koudous et impalas.

Les passages à gué, sont toujours des moments délicats Même si on ne voit aucun éléphants, les traces de leur passage sont omniprésentes
Les passages à gué, sont toujours des moments délicats Même si on ne voit aucun éléphants, les traces de leur passage sont omniprésentes
Nous enchainons les vues depuis les falaise de Chilojo, plus impressionnantes les unes que les autres Les strates colorées des falaises déclinent leur teinte suivant les rayons du soleil
Nous enchainons les vues depuis les falaise de Chilojo, plus impressionnantes les unes que les autres Les strates colorées des falaises déclinent leur teinte suivant les rayons du soleil
Gonarezhou est réputé pour ses baobabs Faute d'herbe, les pachydermes s'attaquent aux feuillages
Gonarezhou est réputé pour ses baobabs Faute d'herbe, les pachydermes s'attaquent aux feuillages

Puis on part à l'assaut des falaises de Chilojo. Sur chaque côté des points de vue ont été aménagés et ils sont absolument grandioses. On arrive d’aussi haut à repérer un buffle et quelques éléphants dans l’immense forêt de mopanes qui s’étend jusqu’à la rivière. Le ciel est relativement couvert et le jeu de cache-cache entre le soleil et les nuages nous offre des nuances de lumières magnifiques sur un tel panorama. On redescend pour ensuite se rapprocher de la rivière. Nouveau changement de paysages avec de grands arbres qui bordent la rivière, mais beaucoup sont en piteux état, peut-être le résultat des dernières mauvaises saisons des pluies. On essaie de longer au plus près la rivière pour avoir le maximum de chances de voir des animaux. On en profite pour examiner chaque passage où potentiellement on peut traverser la rivière, mais ils ne sont pas vraiment convaincants. Quand la piste s’enfonce de nouveau dans les terres, la forêt de mopanes reprend le dessus. Au détour d’un virage on surprend une petite troupe d’éléphants qui ne nous a pas entendu arriver et qui, surprise de nous voir surgir sur la piste alors qu’ils ont des petits dans le groupe, nous charge pour protéger leurs progénitures, alors que d’autres s’enfuient dans la panique. Heureusement qu’on a pu accélérer comme il faut mais c’était très juste !

On descend toujours plus vers le sud, pour arriver dans un coin où les baobabs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus immenses. Les paysages changent encore et on commence à voir pas mal d’animaux, dont beaucoup d’impalas. En traversant une étendue asséchée, sorte de pans avec quelques palmiers, on perd la piste. Heureusement, un peu plus loin, une borne nous remet dans le droit chemin. Il est tard et on va être obligés d’aller jusqu’au bout, à Chamaluvati, où le passage est censé être facile et le campsite très beau et bien placé. On traverse un très joli mélange de grands arbres, de fourrés et de baobabs avec beaucoup d’impalas et quelques éléphants. On poursuit la piste jusqu’à la jonction entre les rivières Save et Runde. On ne peut pas aller plus loin. Dommage car c'est vraiment un bel endroit. On retourne sur nos pas. Après les éléphants, ce sont des élands du Cap qui traversent la rivière. On va en premier repérer le passage. On s’avance au maximum jusqu’à l’apparition de l’eau. Ca a l’air faisable, on se garde la tentative pour demain matin. Le ciel est couvert de nuages et la lumière du jour s'en trouve très obscurcie.

Dans la forêt de mopane, nous jouons à cache cache avec les éléphants Il n'y a pas plus africain comme paysage
Dans la forêt de mopane, nous jouons à cache cache avec les éléphants Il n'y a pas plus africain comme paysage
Les collines qui nous entourent accueillent elles aussi des baobabs Ici, les palmiers poussent en bouquet

Les collines qui nous entourent accueillent elles aussi des baobabs

Ici, les palmiers poussent en bouquet
Le confluent des rivières Runde et Save marque la frontière avec le Mozambique Soleil couchant sur la rivière Save

Le confluent des rivières Runde et Save marque la frontière avec le Mozambique

Soleil couchant sur la rivière Save

 

On cherche le camping mais on le trouve occupé bien qu'il n'y ait personne pour le moment. On décide de s’installer un peu plus loin. Juste à ce moment, les occupants arrivent et on leur explique la situation en s’excusant de les déranger pour cette soirée. Ils nous confirment que le passage est ok. On s’installe donc plus loin pour laisser à chacun l’intimité d’une belle communion avec la nature que nous sommes venus chercher. Une fois la nuit tombée, les singes se sont réfugiés dans leur dortoir et restent tranquilles. Par contre, un petit dik-dik, peut-être rassuré par notre présence, décide de rester dans notre voisinage toute la soirée.

 

Samedi 23 mai

Gonarezhou NP North (Chamaluvati) – Chirinda Forest : 291 km

Il y a eu un peu de vent dans la nuit, et même quelques gouttes de pluie. Après s’être dégagé dans la soirée d’hier, nous laissant de nouveau apercevoir un ciel parfaitement étoilé, le ciel s’est couvert de nuages ce matin. Mais cela ne nous empêche pas d’apprécier le bonheur de voir la nature s’éveiller, les oiseaux qui passent en volant d’un côté de l’autre, les singes, vervets et babouins qui poussent quelques cris mais ne se montrent pas, les impalas qui sautillent de temps en temps et des éléphants qui traversent au loin la rivière. Avec regret, nous quittons les lieux et démarrons par le challenge du jour : traverser nous aussi la rivière. Après un bon passage sableux, quelques hauts fonds d’eau à traverser, mais heureusement le sable est porteur. Puis un bras de rivière encore bien rempli mais ça n’a pas l’air trop profond et on voit les traces en face, c’est plutôt bon signe, alors on s’élance . … et nous aussi arrivons sur la berge d’en face. On se rend compte que nos voisins sont juste derrière, on attend leur passage pour les prendre en photo et quand ils passent à notre hauteur, on leur propose de leur envoyer les photos. On discute un peu et ils nous donnent quelques tuyaux sur le coin, notamment, un joli pan à aller voir avant de partir. Eux ont tout leur temps, ils sont zimbabwéens et ont 3 nuits de plus à passer à Chamaluvati, où apparemment ils viennent régulièrement.

On tombe sur le pan conseillé. Avec de jolis palmiers en plus de la végétation habituelle il est effectivement particulièrement sympa. Il est bien rempli d’eau avec des hippos et des crocos mais pas d’éléphants ni de buffles. Par contre, pas très loin on voit un groupe de zèbres et un autre de gnous. On continue notre chemin par la piste qui s’éloigne de plus en plus de la rivière pour se perdre dans une forêt de baobabs géants : magnifique. Puis la piste revient vers la rivière et nous nous retrouvons de nouveau au milieu des mopanes. Parfois, la forêt de mopanes laisse place aux grands arbres avec de gros buissons épars.

Nous nous retrouvons ensuite devant les incroyables falaises de Chilojo, superbes. Un éléphant est au milieu du lit de la rivière en train de boire dans un trou que lui, ou un de ses congénères, a creusé pour trouver de l’eau. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages, changeant ainsi les tonalités des différentes nuances d’ocre, beige, jaune, orange et même rouge qu’il y a sur les falaises. Si on avait le temps, on resterait volontiers quelques nuits de plus à savourer cet endroit magique. Mais ce n’est pas le cas, alors on reprend la piste pour sortir du parc, une grosse heure plus tard.

Encore une rivière asséchée à traverser Une fois de plus, Totoy s'est déjoué de tous les pièges possibes des traversées de rivière

Encore une rivière asséchée à traverser

Une fois de plus, Totoy s'est déjoué de tous les pièges possibes des traversées de rivière

C'est toujours avec un grand bonheur de pouvoir admirer autant de baobabs Zèbres en stéréo
C'est toujours avec un grand bonheur de pouvoir admirer autant de baobabs Zèbres en stéréo
La piste traverse d'agréables paysages de forêt sèche Les falaises de Chilojo arborent fièrement leurs pics de grès rouge

La piste traverse d'agréables paysages de forêt sèche

Les falaises de Chilojo arborent fièrement leurs pics de grès rouge

Gonarezhou collectionne les baobabs sous toutes les formes

Un superbe éléphant aux abors de la rivière et de ses grands arbres

Gonarezhou collectionne les baobabs sous toutes les formes

Un superbe éléphant aux abors de la rivière et de ses grands arbres

Les collines près de Chipinda et toujours les baobabs

Panorama impressionnant sur la rivière Runde et son ancien pont

Les collines près de Chipinda et toujours les baobabs

Panorama impressionnant sur la rivière Runde et son ancien pont

On a la chance d'avoir une bonne piste roulante pour traverser un zone conservatoire et retrouver le goudron. Un peu de monde tout le temps le long de la route, et ça s’accentue fortement quand la route longe la rivière. Tout est cultivé à perte de vue et donc forcément peuplé, impossible de trouve un coin tranquille pour s’arrêter manger. Heureusement on quitte enfin la route pour une piste transversale qui s’enfonce dans les montagnes. On découvre aussitôt de très jolis paysages de campagne, puis plus d’habitations du tout, on peut enfin s’arrêter pour casser la croûte.

Quelques montagnes plus tard, on traverse un très joli village aux cultures en terrasses où habitent apparemment des tailleurs de pierre. L'accueil très chaleureux des habitants nous fait penser qu'ils ne doivent pas souvent voir des voyageurs passer. Au fur et à mesure qu'on avance, c'est de plus en plus peuplé et quand on rejoint le goudron, les terres cultivées s’étendent à perte de vue. Bien qu’on a retrouvé le goudron, on doit toujours être très vigilant sur la conduite car c’est une voie simple, avec en plus des nids de poules. Donc ça devient très sportif quand on croise un véhicule ou qu’on doive éviter les trous géants de la route sans faucher un piéton ou un cycliste. Heureusement qu'il n'y a pas trop de circulation car la conduite nécessite déjà une attention soutenue.

La force physique des hommes ou des animaux est souvent le seule forme d'énergie disponible La piste grimpe de plus en plus mais toujours en plutôt bon état
La force physique des hommes ou des animaux est souvent le seule forme d'énergie disponible La piste grimpe de plus en plus mais toujours en plutôt bon état
Très jolis paysages de campagne zimbabwéenne dans la montagne Même si on retrouve la sécurité du goudron, l'étroitesse de la route mérite toute notre vigilance

Très jolis paysages de campagne zimbabwéenne dans la montagne

Même si on retrouve la sécurité du goudron, l'étroitesse de la route mérite toute notre vigilance

On arrive en fin de journée à destination. Pour une fois, le soleil est encore haut mais on grimpe dans les montagnes. En plus on s’engouffre dans une piste qui part dans la forêt vierge, un véritable tunnel de verdure qui ne laisse passer que de rares rayons de soleil. C'est particulièrement impressionnant et limite oppressant. Chirinda Forest est le dernier vestige sauvegardé de forêt tropicale humide la plus au sud du continent africain. On sent vraiment qu'on n'est pas fait pour vivre dans ce milieu.

Nous plongeons au coeur de la forêt de Chirinda et son obscurité opressante

Nous plongeons au coeur de la forêt de Chirinda et son obscurité opressante

Au bout de quelques kilomètres assez incroyables comme sensation on débouche sur une clairière qui abrite le camping de la réserve. Encore une fois, on a droit à un très bon accueil mais pas d’eau chaude pour ce soir, le système est cassé. Il faudra patienter un jour de plus ! On a quand même le temps d’observer les calaos à gros becs et leur vol si reconnaissable, et aussi les singes samangos, à peu près de la même taille que les vervets, mais aux cris bien plus puissants. 

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